Who's bek ? - deux Français en Ouzbékistan

19 juillet 2009

10 MOIS ET 2 ANNIVERSAIRES PLUS TARD...

10 mois ont passes en Ouzbékistan sans que nous quittions cet étrange pays - ou plutôt sans que nous rejoignions la France puisqu'en étant honnêtes, nous sommes bien obliges de décompter nos presque 3 semaines de voyage en Inde.

10 mois et nos 2 anniversaires sont passes. Le mien fut "fête" dans un des nombreux trous perdus ouzbeks (du moins un trou perdu pour des yeux de Français), Boysun, "village" des montagnes du sud-est, dans une région coincée entre l'Afghanistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Quand je dis "village" c'est que les Ouzbeks le voient comme tel. Il y a peu de ville au sens ouzbek du terme. L'étalement et la population ne semblent pas des critères d'urbanité dans ce pays. Bref, ce fut donc a Boysun que j'ai passe le cap de mes 29 ans - dernière ligne droite avant la trentaine. Boysun ou nous logions dans un hôtel qui n'avait d'hôtel que le nom : quand notre taxi nous avait dépose, on se demandait si l'hôtel était cache derrière ce bâtiment en travaux, mais non le bâtiment en travaux était bien l'hôtel, dont le responsable nous a montre la salle de bains-WC hors-service au bout du couloir, sans doute pour nous dire de ne pas l'utiliser (pour aller au petit coin il fallait aller au-delà du petit terrain vague derrière l'hôtel). Sans parler, évidemment, de la kitschitude quasi glauquissime de la chambre.

2 mois et 3 jours plus tard, c'était au tour d'Aurélie de vivre un anniversaire mémorable en Ouzbékistan. Ce qu'il y avait de mémorable, déjà, c'est qu'on n'avait pas prévu d'être encore en Ouzbékistan a cette date-la ! Mais les multiples complications s'étaient accumulées et nous avaient fait revoir et re-revoir (et re-re-revoir) nos projets de voyage de retour vers la France. Attentat a la frontière kirghize envers un poste de police ouzbek (du moins c'est la version officielle), hausse du visa kirghize pour cause d'élections locales (donc pas envie de voir trop d'étrangers fouiller le pays a cette période), événements en Iran (pour lequel nous avions quand même obtenu un visa de transit juste avant les élections), dossier de demande de visa perdu par l'ambassade de Turkménistan, irrégularité (et incertitudes) des liens Kazakhstan-Azerbaïdjan via la mer Caspienne... Bref, tout le monde était parti vers d'autres cieux sauf nous, plantes a Tachkent, dans un ennui grandissant et ne sachant que faire. Et comme si un tel anniversaire n'était pas assez mémorable, Aurélie a eu la bonne idée de ne pas voir un trou dans la route (on en avait pourtant pris l'habitude dans ce pays) et de se tordre la cheville droite et s'érafler méchamment le genou gauche. Très pratique avant de commencer un voyage !

Finalement on s'était résolu a accepte ce qu'on voulait éviter : prendre un avion. Le 3 juillet donc, énième passage par l'aéroport de Tachkent pour s'envoler vers l'Azerbaïdjan. Quelques heures plus tard nous atterrissions donc a Bakou, sans savoir vraiment ce qu'on allait y voir. On s'imaginait alors une ville marquée par le soviétisme, une cite empreinte de saleté industialo-pétrolière, et un lieu plutôt marque par l'Orient, avec son lot de pauvreté apparente. Surprise, c'était plutôt l'inverse : une ville étonnamment moderne, avec un cœur historique charmant et une atmosphère européenne inattendue. Mais pas le temps de trop s'attendrir pour ce pays puisque notre visa de transit ne nous accordait que 5 jours pour le traverser. Un petit saut dans les montagnes, pour se reposer a Zaqatala, et hop c'était déjà un autre pays et d'autres impressions.

La Géorgie nous a plutôt fait l'effet inverse cote surprise. Certes, l'impression de revenir de plus en plus en Europe était aussi présente qu'en Azerbaïdjan, mais l'impression de pauvreté - ou du moins d'écarts de richesse et de grand chemin a faire pour la modernisation - nous a apparu plus flagrante que dans le pays voisin. Il faut dire que la Géorgie ne bénéficie ni de la manne pétrolière ni de rapports amicaux avec le grand voisin russe. Malgré les charmes de ce pays, il faut avouer qu'on est partiellement reste sur notre faim. Mais c'est prometteur, l'avenir s'annonce plus intéressant pour le pays et pour ceux qui le visiteront... car il fut plutôt frustrant de prendre autant de photos avec des échafaudages !

Enfin (du moins pour l'instant), nous voila les deux pieds en Turquie, ce pays que certains (beaucoup) refusent encore d'admettre dans l'Europe. Et pourtant, quand on revient d'un an en Asie centrale, c'est flagrant : même si ce sont les confins de l'Europe, ces limites floues dont les définitions varient, on y est bel et bien ! L'histoire riche et cosmopolite de ce pays nous en déjà mis plein les yeux, avec ses mosquées, ses églises byzantines et autres tombeaux royaux d'antiques royaumes. Peut-être sommes-nous en ce moment a l'apogée de notre voyage : l'inénarrable Cappadoce. Des paysages a couper le souffles contre lesquels les mots ne peuvent pas grand chose. Une adéquation - que dis-je... une harmonie parfaite entre les bienfaits de Dame Nature et ce que l'homme peut construire de plus fascinant. Déambuler dans les vallées est une activité dont on aimerait qu'elle ne se termine jamais ici. Les yeux ne savent plus ou donner de la pupille, entre les curiosités géologiques et l'ubiquité troglodytique dont on aimerait explorer tous les recoins comme un enfant dans un labyrinthe... C'en est presque indécent de voir autant de beauté concentrée en une seule petite région !

Ce soir, nous prenons un bus de nuit pour Pamukkale et ses vasques blanches naturelles. Puis ce sera probablement Éphèse et ses impressionnantes ruines grecques, Pergame, Istanbul, les criques de la mer Egee... Et des sauts de puces - a pas de geants - a travers la Grèce et l'Italie pour rejoindre (enfin) notre bonne et vieille France. A bientot !

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19 juin 2009

TRUCS ET ASTUCES : DIVERS

Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques suivantes sont d'actualité.


Enregistrement

* Il est obligatoire, en tant que non-Ouzbek, de se faire enregistrer auprès de l’OVIR, le service local d’immigration (ce qui est par ailleurs payant !) dès qu’on change de région/ville. Mais pour la majorité des personnes, ce sera fait par les hôtels (qui incluent apparemment les frais dans leurs prix) ou par le propriétaire de votre logement (avec parfois l'aide de votre employeur éventuel). Bonne chance à ceux qui doivent le faire eux-mêmes ! Ces enregistrements donneront lieu à des petits papiers qu'il faut impérativement conserver pour la douane au départ du pays (pour les résidents, ce sera carrément un tampon sur le passeport). Toutefois, il est possible d'avoir des "trous" durant la durée de votre voyage mais ceux-ci ne doivent pas excéder 3 jours consécutifs (gérez donc bien vos séjours chez l'habitant et vos voyages de nuit, qui ne donneront lieu à aucun papier de l'OVIR).

* Pour les Français qui viennent vivre (ne serait-ce que quelques mois) en Ouzbékistan, pensez aussi à vous inscrire sur le registre des Français à l’étranger, ce qui est utile en cas de problème. Il suffit de passer à l’ambassade (et ça c’est évidemment gratuit !). La petite carte que vous recevrez peut aussi servir à obtenir certains prix réduits dans des musées et monuments (en fait seuls les membres de l'ambassade y ont droit mais ça marche souvent car il y a le logo de l'ambassade sur la carte!).

Santé et hygiène

* Il est très déconseillé de boire l’eau du robinet, même à Tachkent. On peut toutefois la consommer après l'avoir fait bouillir (toutefois même cette technique est déconseillée au Karakalpakistan mais on a bu du thé là-bas et on n'est pas morts!). Achetez des bouteilles d’eau, voire des bidons de 5 litres… qui sont aussi utiles en cas de coupures d’eau (ça arrive).

* On trouve facilement en pharmacie du paracétamol, de l’ibuprofène, etc... Prononcez les noms des molécules, ils comprendront puisque ce sont les mêmes mots.

* A notre connaissance, il n'y a pas de poubelles collectives par immeuble mais par quartier. Explorez donc les rues voisines et vous repèrerez facilement quelques poubelles débordantes (notez que ce sont généralement les seules concentrations d'ordures puisque les rues sont relativement propres).

* Il est parfois possible de trouver des toilettes publiques, en général payantes aux alentours de 200 soums. Ca peut être utile! Vous en trouverez par exemple à Tachkent du côté du marché de Chorsu (plusieurs sont éparpillées dans le quartier) ou sous les cigognes de Mustakillik. A Samarcande, il y en a par exemple à côté de Gour Emir.

Langues

* Alphabet : l'ouzbek a officiellement abandonné le cyrillique pour l'alphabet latin turc, mais les noms de lieux sont encore très souvent écrits en cyrillique (notamment sur les bus et maxi-taxis), et on a encore beaucoup de choses écrites en russe, notamment à Tachkent (publicités par exemple).

* Ouzbek : pour ceux qui maîtriseraint le turc, il peut être possible de se faire comprendre car il existe de grandes similitudes entre les deux langues. Notez que la minorité russe ne parle en général pas l'ouzbek. Le kirghiz, le kazakh, le turkmène et le karakalpak sont aussi des langues turcophones, parlées par certaines minorités du pays.

* Russe : parlé par la grande majorité de la population urbaine, un peu moins dans les campagnes reculées. Une partie de la jeunesse ne sait pas non plus parler russe, langue progressivement délaissée par le système éducatif depuis l'indépendance au profit de l'ouzbek et des langues occidentales. Il est utile de prendre quelques leçons de base avant de partir (nous recommandons la méthode Assimil) et un petit guide de conversation (comme celui édité par Lonely Planet) peut s'avérer fort profitable !

* Tadjik : parlé par les minorités tadjiks dispersées dans le pays (notamment dans les monts Nouratine et au sud-est de Samarcande). Contrairement aux autres langues d'Asie centrale ex-soviétique, le tadjik est proche du persan, dont la maîtrise éventuelle peut donc vous aider !

* Anglais : relativement peu parlé mais on arrive à trouver quelques personnes qui le baragouinent (souvent très mal), surtout parmi les jeunes. L'anglais est toutefois de plus en plus étudié, notamment dans les villes touristiques importantes (surtout Boukhara).

* Français : très peu parlé! Ca reste tout de même (d'après certains échos) la deuxième langue étrangère enseignée après l'anglais (le russe n'étant pas tout à fait considéré comme une langue étrangère...) donc une bonne partie de la population connaîtra quelques mots de base (car l'enseignement qu'ils ont eu est souvent très très rudimentaire). Il y a toutefois une petite population de francophiles, notamment à Tachkent. On peut notamment les rencontrer dans les Centres culturels français (Tachkent, Samarcande, Boukhara).

Prises de courant et voltage

Les prises en Ouzbékistan sont exactement du même format qu'en France donc pas besoin d'adaptateur pour les Français. La seule différence, c'est qu'il n'y a jamais de prise de terre. Et c'est aussi du 200V et du 50Hz comme en France.

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TRUCS ET ASTUCES : ACHATS ET ALIMENTATION

Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques suivantes sont d'actualité.


Argent

* Ne comptez pas trop sur vos cartes bancaires en Ouzbékistan car il y a très très peu d'endroits où on peut retirer de l'argent et encore moins payer avec la carte. Je ne connais qu'un seul distributeur à Tachkent (non loin du magasin Mir, métro Mustaqillik). Il en existe apparemment quelques-uns dans les 3 hauts lieux touristiques (Samarcande, Boukhara, Khiva), parfois à l'intérieur des grands hôtels. Prévoyez plutôt d'arriver en Ouzbékistan avec de l'argent liquide (en euros ou en dollars).

* Vous remplirez, en arrivant à l'aéroport, un papier indiquant la somme que vous emmenez avec vous et les éventuels objets de valeur. Il faut remplir deux papiers identiques par personne, l'un que vous remettrez aux autorités ouzbeks, l'autre pour vous. Conservez impérativement ce papier, qui vous sera demandé à votre départ (même s'il s'agit d'un départ provisoire puisque vous complèterez un autre papier à votre retour). Attention, il n'est pas accepté de repartir avec plus d'argent liquide que ce que vous aviez en arrivant! Il ne vaut mieux pas essayer de tricher car les douaniers peuvent vérifier ce que vous indiquez, que ce soit à l'arrivée ou au départ (mais à choisir, il vaut peut-être mieux tenter de dire qu'on a plus d'argent que la réalité en arrivant). Ce genre de choses est très problématique pour ceux qui s'installent en Ouzbékistan et qui partent en voyage ailleurs puisque, évidemment, ces personnes devraient revenir avec moins d'argent à la fin de leur voyage!

* IMG_86781 € = 1800 soums environ (juin 2009). Pour plus de facilité, considérez que 1000 soums valent environ 50 centimes d’Euros… ce qui correspond aux plus grosses coupures ! Prévoyez donc de gros porte-monnaie (mais vous pouvez en acheter des jolis sur place...) et habituez-vous à compter vos billets. Généralement, vous trouverez des billets de 1000, 500, 200, 100 et 50 soums, parfois de 25. Il existe aussi des pièces de 50, 25, 10, 5 et 1 soums (on n’a encore pas vu de pièce de 1 soum). Quant aux anciens « centimes » (les diyins), ils sont évidemment introuvables aujourd’hui (à part peut-être au marché aux puces?).

* Lorsque le montant de vos courses ne se terminent pas par deux zéros (généralement par 50 mais il peut y avoir d’autres cas…), le vendeur peut, au moment de vous rendre la monnaie, faire l’appoint avec des bonbons, des chewing-gums, des petites boites d’allumettes ou tout autre petit article. Certains (pas tous) vous demanderont si ça vous va et dans ce cas vous pouvez refuser (mais ils n’auront peut-être pas de billet de 50 pour vous rendre la monnaie) ou choisir un autre petit article ! Parfois vous pouvez aussi garder vos bonbons pour le réutiliser comme monnaie !

* Devant les bureaux de change on trouve parfois des particuliers, dans la rue, qui proposent un meilleur taux de change ! Trois conseils majeurs : 1) vérifiez d’abord le taux de change officiel ; 2) vérifiez qu’il n’y a pas de flics autour (sinon vous pouvez vous en tirer avec un long séjour de temps perdu au poste et la confiscation de la somme que vous vouliez changer !) ; 3) n’hésitez pas à recompter sur place, au moins un tas, pour vérifier s’il n’y a pas arnaque (en général non mais si c’est le cas, il y a de forte chance que la personne ne vous arnaque pas la fois suivante). Ceci dit, vous ne gagnerez guère que quelques milliers de soums donc cela vaut-il le coup ? A vous de juger...

Achats

* Plusieurs moyens de faire ses courses : petits supermarchés, petites boutiques, marchés (bazars) et vendeurs de rue. Il est possible (et souvent recommandé!) de marchander sur les marchés, envers les vendeurs de rue et surtout dans les magasins de souvenirs.

* Au marché, il est pratiquement impossible d’acheter par tranches de 100g de légumes ou de fruits. Ca marche au kilo, au mieux au demi-kilo. Pour des quantités moindres, se reporter généralement aux petits supermarchés, mais où c’est généralement plus cher.

* Il n’y a pas vraiment de règle pour savoir où c’est moins cher et où on peut trouver un produit spécifique. Les prix peuvent être meilleur marché dans un supermarché que dans un autre pour un produit et vice-versa pour un autre produit. Une seule règle généralement respectée : les produits frais sont moins chers sur les marchés (ou vendeurs de rue) qu’en boutique.

* Les livraisons sont parfois aléatoires donc si vous trouvez un produit qui vous plaît, il ne faut pas hésiter à sauter dessus et parfois à faire quelques provisions si le produit s’y prête !

* Vous aurez un choix plus varié (dont quelques produits plus spécifiques ou européens) dans des grands magasins comme le Mir (métro Mustakillik), le Turkvoaz (métro Buyuk Ipak Yoli et un autre vers Chorsu) ou le Korzinka (plusieurs, dont deux métro Kosmonavtlar). C'est en général plus cher... mais pas toujours (Korzinka est meilleur marché que les deux autres).

Alimentation

* Les produits sont généralement de saison et de provenance locale. Attendez-vous à un choix beaucoup plus limité en hiver (chou, pomme de terre, potiron, pomme, poire) et à payer plus cher pour certains produits non locaux (bananes notamment… qui sont pourtant nécessaires dans les phases d’adaptation digestives !).

* Poisson : à éviter fortement vu le degré de pollution des cours d’eau (sans parler de la mer d’Aral évidemment, où c'est encore plus dangereux…).

* Yaourts : la plupart des yaourts qu’on trouve ici sont plus « gélatineux » que chez nous et ont une durée de conservation étonnamment longue (apparemment ils sont bourrés d'antibiotiques). Mais il y a aussi le yaourt artisannal qui peut s'avérer très très bon.

* Chocolat : éviter le chocolat local qui n’a aucun goût (en tout cas pas vraiment un goût de chocolat !). La marque Alpen Gold est, pour l’instant, la seule digne du nom de chocolat parmi nos diverses tentatives dans les gammes de prix raisonnables (il est en effet possible de trouver des chocolats comme Lindt ou Nestlé, beaucoup plus chers, et certains Nestlé ne sont d'ailleurs pas de la même qualité que ceux vendus en Europe). On nous a conseillé le chocolat russe, kazakh ou ukrainien donc ça reste à voir. Par contre, pas de problème pour le cacao, qu’on peut trouver soit en boites industrielles dans les supermarchés soit au détail dans certains marchés et quelques boutiques (errez du côté des épices et demander « kakao »), pour moins de 5000 soums le kilo si vous négociez bien.

* Pain : à part les lipiochkas (pain rond ouzbek), leurs pains ont souvent une fâcheuse tendance à moisir rapidement ! Comptez entre 400 et 1000 soums selon la taille des lipiochkas (en général c'est plutôt 600). Les meilleures lipiochkas sont sans doute celles de Samarcande.

* Beurre : pas facile de savoir quel beurre est un vrai beurre ! Le mot russe ("masla") est d'ailleurs le même pour le beurre et l'huile et il est aussi utilisé sur les emballages de magarine. Repérez par exemple les illustrations montrant explicitement du lait pour éviter d'acheter de la margarine sans le vouloir...

* Quelques exemples de produits alimentaires qu’il est difficile voire impossible de trouver ici :

- jambon (on trouve assez facilement du porc mais pas de jambon, même pas du jambon de dinde)

- haricots verts (du moins pas du type de ceux qu’on mange en général en France)

- jus d’orange ou de pamplemousse 100% pur jus (seul le pamplemousse de la marque Bulko mérite notre attention)

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TRUCS ET ASTUCES : TRANSPORTS ET CIRCULATION

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Taxi

Pas besoin d’attendre un « vrai » taxi car ils sont difficiles à repérer (pas forcément d'indication spécifique sur le toit mais un simple papier sur le pare-brise pour montrer qu'ils sont théoriquement taxis). Il suffit de se poster au bord de la route et de tendre le bras (parfois ça marche même sans lever le bras !) et il y aura toujours des voitures qui s’arrêteront (même ceux qui n'ont pas le "papier" sur le pare-brise). A vous, ensuite, de préciser votre destination et de négocier le prix à l’avance. On se déplace n'importe où dans Tachkent pour 1000 à 5000 soums selon le trajet (la plupart du temps c'est même entre 1500 et 3000).


Marchroutnoïe (minibus)

L'une des meilleures façon de voyager en Ouzbékistan, ce sont les marchroutnoïe (au singulier marchroutka), c'est-à-dire des minibus (ou taxis collectifs, ça dépend du point de vue!) où il est garanti d'avoir une place assise et bon marché. Il y en a partout et chacun indique les deux terminus reliés (et souvent un numéro de ligne). Tout comme les taxis, on peut leur faire signe pour qu'ils s'arrêtent, ou alors il faut trouver leur terminus.

Voilà quelques marchroutnoïe intéressants (liste à compléter):

* à Tachkent :
- 55 depuis Maxime Gorki (Buyuk Ipak Yoli), en direction de Quyluk (marché) et en passant par le marché aux puces de Tizi Kofka (ou Yangui Abad)
- 550 depuis Maxime Gorki (Buyuk Ipak Yoli), en direction de Gazalkent, d'où on peut ensuite rejoindre la station de ski de Tchimgan

* à Samarcande :
- 78 entre la gare et le Reghistan (en passant près du Gour Emir aussi)

* à Boukhara :
- 68 entre la gare et la vieille ville (côté Liab-i Khaouz)

* à Termez :
- 11 entre la route qui passe devant l'aéroport et le centre
- 16 entre le centre (il passe notamment devant l'hôtel Surkhan) et la gare routière


Métro (Tachkent)

Il n’existe que trois lignes dont une (la verte) qui n’est pas entièrement finie. On ne trouve pas toujours de plan à l'intérieur des stations de métro mais plus régulièrement dans les rames. Comme le réseau n'est pas très compliqué, il suffit généralement de mémoriser votre trajet ou d'imprimer un plan depuis internet (ou photographier le plan quand vous en voyez un mais attention, il est interdit de prendre des photos à l'intérieur du métro!). A part ça, les stations sont relativement jolies et propres et les rames sont correctes et relativement régulières (toutes les 6 à 12 minutes selon les heures de la journée). Prenez un jeton aux guichets pour 400 soums (prix de mai 2009).


Tramway (Tachkent)

Il y a un grand nombre de lignes… mais pas moyen de trouver un plan ! Bon courage, donc. C'est un moyen de transport plutôt lent mais c’est sympa et pittoresque ! Montez et un contrôleur passera vous vendre le billet (même prix que le métro). Vous devrez payer à nouveau si vous changez de ligne.

On peut seulement conseiller la ligne 13, qui passe par certains points stratégiques ou utiles : la gare ferroviaire (et accessoirement le musée des chemins de fer), l'ambassade de France (s'arrêter à côté du bâtiment de la société O'zbekneftgaz, bien repérable avec ses grandes vitres) , l'ambassade d'Iran, ou encore Buyuk Ipak Yoli (terminus d'une ligne de métro et quartier de l'école française et de "nombreux" résidents étrangers).


Train

Il existe des liaisons entre Tachkent et les grandes villes comme Samarcande, Boukhara, Ourguentch et Noukous, et même avec l'étranger (Almaty ou Moscou par exemple), mais elles ne sont pas toutes quotidiennes donc se renseigner à l’avance… Attention obtenir des renseignements n’est pas toujours une mince affaire, même si on maîtrise la langue ! Et les prix peuvent varier d’un jour à l’autre pour un même trajet, pas forcément à la hausse.

La gare est accessible par métro et par tramway.


Avion

* Vols intérieurs : il existe de nombreux vols Uzbekistan Airways au sein du pays entre Tachkent et les grandes villes (Samarcande, Boukhara, Ourguentch, Noukous, Termez…) mais il convient de souligner qu'il y a régulièrement des annulations de dernière minute...

* Vols internationaux : comme pour le train, il est parfois très difficile de se renseigner car les informations diffèrent selon les agences de tourisme et selon les jours ! Par exemple, lorsque nous avions voulu préparer un voyage pour Bangkok trois mois à l’avance (que nous n'avons finalement pas fait d'ailleurs...), une agence nous avait dit que les réservations n’étaient pas encore ouvertes et une autre qu’il ne restait déjà plus que des places en classe business !!! D’après certains échos, ils sont aussi capables de vous dire qu’un vol est annulé (ou qu’il n’existe pas) alors que le vol est bel et bien maintenu ! A l’instant où j’écris, il semble qu’il est donc préférable de trouver ses billets soi-même sur internet (soit sur des sites comme Easy Travel ou Last Minute, soit directement sur les sites des compagnies aériennes).

* Compagnies aériennes depuis/vers Tachkent :
- très satisfaits de Turkish Airways avec lesquels nous avons voyagé pour l’aller Lyon-Istanbul-Tachkent. Le service est impeccable, le repas est tout à fait correct… et leurs cache-œils sont les plus épais (donc les plus efficaces) qu’on connaisse ! Seuls bémols : le petit écran individuel n’est pas toujours de bonne qualité (et pas de possibilité de commencer un film quand on le souhaite) et l’escale à Istanbul peut être relativement longue.

- nous avons expérimenté Uzbekistan Airlines pour aller à Koweit et en Inde et on a eu un bilan mitigé d'un point de vue de l'avion lui-même (en général un peu vieillot) et de la nourriture (généralement très grasse). Le service, par contre, était de bonne qualité. Pour les liaisons intérieures, à part les hôtesses, c'est un cran au-dessous...


Véhicule individuel

* Si vous arrivez à la frontière avec votre propre véhicule, il vous sera demandé (d'après ce qu'on nous a dit) de payer une taxe dont la valeur sera celle de votre véhicule ! Prévoyez donc de trouver un moyen de faire sous-évaluer votre véhicule avant de partir. Il semble toutefois possible (d'après ce que m'a dit un voyageur australien qui traversait le pays) de ne rien payer en créant une sorte de "passeport de voiture" (je ne connais pas le terme exact) qui vous engage à repartir du pays avec votre véhicule (se renseigner auprès des autorités de votre pays).

* Acheter un véhicule directement en Ouzbékistan est possible mais pas chose aisée! J'en dirai plus dès que j'en saurai plus... si j'en sais plus un jour! En tout cas il existe un marché aux voitures à Tachkent, y faire un tour vaut le coup même si on n'a pas l'intention d'acheter un véhicule !


Piétons

 

Pour traverser, attention ! Vous pouvez a priori traverser n’importe où, même en dehors des passages piétons mais il faut parfois bien calculer son coup. C’est peut-être encore plus dur aux passages piétons parce que les voitures sont juste à côté et on ne sait pas toujours à quel moment le feu piéton va passer au rouge (un indice tout de même : le feu pour les véhicules passe au orange avant de passer au vert… et les moteurs commencent déjà à ronfler). Ceci dit, même si c'est impressionnant, le danger est limité (et il y a des pays bien pires que l'Ouzbékistan pour ça!) et les conducteurs ne feront que vous klaxonner et éventuellement râler à cause de votre présence sur la chaussée! Aux grands carrefours de Tachkent, il y a aussi les passages souterrains (et entrées de métro), très pratiques et beaucoup plus salubres qu’en France.


Orientation (Tachkent)

S'orienter dans Tachkent n'est pas chose aisée pour quatre raisons majeures :

- Tous les quartiers se ressemblent plus ou moins avec leur architecture soviétique et leurs grandes avenues...

- C'est assez labyrinthique lorsqu'on s'engage dans les allées entre les immeubles ! (encore pire pour la vieille ville et ses culs-de-sac)

- Les noms de rue sont rarement affichées... et quand ils le sont, ce n'est pas toujours aux croisements donc il faut s'engager dans la rue avant de comprendre au bout de 20 mètres qu'on n'a pas pris la bonne rue !

- Il existe parfois deux noms aux rues, places ou quartiers (l'un datant de l'époque soviétique, l'autre plus récent, ouzbek) et les deux sont utilisés même si le nouveau nom est le seul affiché. Par exemple Buyuk Ipak Yoli est parfois plus connu sous le nom de Maxime Gorki, le marché aux puces Yangui Yabat sous le nom de Tizi Kofka, etc. Et il y a aussi quelques surnoms, notamment la rue Saligokh (dans le centre) que l'on appelle... Broadway !

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07 juin 2009

BHUVANESVARI, PETITE PHOTOGRAPHE D'UN JOUR

IMG_2897Certaines rencontres passagères marquent parfois plus les esprits que des gens qu'on côtoie régulièrement pendant plusieurs années. Des rencontres d'une intensité inouïe, à la force émotionnelle immense. Bhuvanesvari est l'une de ces rencontres. Ce nom quasi-imprononçable est celui d'une petite fille de 10 ans, qui vit dans une ville au nom tout aussi compliqué, Thiruvannamalai.

Thiruvannamalai est un centre de pèlerinage important dans l'État du Tamil Nadu, avec son temple grandiose, dominé par une colline où avait médité un prestigieux gourou. Visiter les deux grottes mystiques de ce dernier n'était pas notre intérêt principal en amorçant la montée. Nous étions IMG_2933surtout guidés par l'envie de nous éloigner un peu du brouhaha général et de profiter d'une vue panoramique sur les environs. Quelques dizaines de mètres après avoir quitté la rue qui bordait le temple, au milieu des modestes maisons, une petite fille s'est approchée. À première vue rien d'exceptionnel : nous avions l'habitude d'être soit une curiosité furtive soit un porte-monnaie ambulant ! Mais, je ne sais pourquoi, j'ai ressenti instantanément quelque chose de différent. Ce n'était pourtant pas le premier sourire qui brillait devant nos yeux de touristes. Mais quels yeux pétillants...

IMG_2864Sa grand-mère l'avait appelée pour qu'elle nous guide vers les grottes. Il y avait forcément un intérêt  financier derrière tout ça mais les yeux de Bhuvanesvari semblaient dire autre chose. Était-elle vraiment animée d'une joie réelle de nous tenir compagnie ou avait-elle une extraordinaire capacité d'hypnotiser des touristes pourtant habitués aux diverses sollicitations des Indiens ? Aurélie est restée plus méfiante que moi dès le départ. Peut-être ai-je été trop naïf mais j'ai voulu croire en la sincérité du sourire de Bhuvanesvari, laisser de côté un instant ma vigilance et mes doutes, donner une chance à de vrais rapports humains entre locaux et étrangers de passage (chose difficile dans ce pays).

PIC_0148Bhuvanesvari a pris la main d'Aurélie, et l'a entraînée dans la pente. Plus tard, c'était dans ma main que se lovaient ses petits doigts et sa paume à la peau sèche. Tout au long du chemin, elle n'a cessé de nous sourire et d'ouvrir d'immenses yeux qui nous dévoraient du regard. Et elle a voulu aussi porter mon appareil photo, ce qui fut l'indice ultime du magnétisme que la fillette exerçait sur moi puisque j'ai de grandes réticences à confier mon appareil à quelqu'un... et pourtant je lui ai mis la sangle en bandoulière autour de son cou. Elle gravissait les marches à mes côtés, avec un air extraordinairement fier (surtout lorsqu'elle croisait d'autres Indiens de son quartier), IMG_2871les mains posées avec grande précaution sur l'appareil pour le protéger, lui jetant parfois un petit coup d'œil comme pour admirer l'objet qu'elle avait le privilège de porter, fixant ensuite dans le fond de mes yeux avec son sourire inaltérable.

À chaque étape du périple, elle semblait prendre un immense plaisir à nous montrer des détails, à nous mettre des fleurs dans les cheveux ou à apposer un tilak sur nos fronts... Et vint le moment où je lui ai laissé nous prendre en photo, puis donné quelques conseils (elle parlait un peu anglais).  PIC_0150Elle se montrait très attentive et curieuse, et faisait même preuve d'un étonnant sens du cadre pour une néophyte ! J'avais l'impression de la rendre heureuse, de lui permettre quelque chose dont elle n'aurait peut-être même pas osé rêver. Et mon imagination voyageait, je devinais chez elle monter une passion fulgurante pour la photographie, je lui inventais secrètement un avenir hors du commun, la comparant au personnage du film brésilien La Cité de Dieu, inspirée de l'histoire vraie d'un gamin des bidonvilles de Rio devenu photojournaliste. Bref, mon esprit divaguait, probablement, mais cette rencontre me paraissait de plus en plus forte et émouvante, et je m'attendrissait de plus en plus sur cette petite Indienne...

IMG_2900Mais la descente allait provoquer une lourde chute à cette histoire. Nous retrouvâmes son père, que nous avions rapidement croisé à l'aller. Il semblait ravi de voir sa fille s'épanouir et s'amuser avec nous. Il apparaissait comme quelqu'un d'accueillant, qui nous encourageait à suivre sa fille pour un thé dans sa petit maison.. mais cela cachait bel et bien un intérêt financier puisqu'il en vint à nous parler de supposés déboires de sa fragile maison (une grosse branche tombée sur le toit) et de son besoin de soutien, lui qui avait pourtant un téléphone portable flambant neuf. LIMG_2926a méfiance d'Aurélie se confirmait donc. J'avais voulu ne pas y croire mais elle avait malheureusement raison. Affreusement raison.

Le père ordonna à sa fille de nous conduire chez lui. Elle me repris la main dans la descente, jusqu'à la cour de son foyer. Son sourire était toujours là, mais devenu plus troublant que fascinant - cachait-il la joie de nous faire rentrer chez elle ou la satisfaction d'avoir réussi ce que son père et sa grand-mère lui avaient demandé de faire ? Arrivés devant la modeste demeure, nous coupâmes court à ce moment passé avec elle. IMG_2913Aurélie lui donna quelques bonbons que nous avions dans nos poches (chose que nous n'avions d'ailleurs pas l'habitude de faire, justement pour ne pas encourager les comportements mendiants...). Le visage de Bhuvanesvari sembla se décomposer. Son sourire s'envola en une fraction de seconde, brisé. J'y voyais (et y vois encore) une immense déception. Mais de quelle nature ? Était-ce dû au fait qu'elle avait failli à sa mission et qu'elle redoutait la réaction de son père ? Ou était-ce parce que c'était, aussi pour elle, la fin d'une belle rencontre ? Où étaient la part d'illusion et la part de réel dans son visage et dans ce qui nous avait temporairement liés ?

IMG_2911J'ai toujours le cœur noué en repensant à elle. Doublement noué et troublé. Noué par le souvenir indélébile de ce sourire évaporé, et par ces yeux pétillants dont je n'arrive pas à savoir s'ils étaient sincères. Troublé par les questions que cet épisode a provoquées. Sommes-nous en droit d'être déçus, nous les touristes privilégiés ? Malgré l'exagération des propos alarmistes du père (je n'oublie pas son portable...), n'est-ce pas légitime, dans la situation malgré tout modeste de sa famille, de réagir comme il l'a fait ? D'ailleurs, un mois après, il nous a envoyé un mail pour nous demander de lui envoyer de l'argent via Western Union ! Plus qu'un simple mail, c'était une feuille scannée, sans doute écrite par sa fille à sa demande. Définitivement perturbant...

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