Who's bek ? - deux Français en Ouzbékistan

Quand un couple de Français décide de passer une année de leur vie en Ouzbékistan, ça ne peut qu'engendrer récits, anecdotes, impressions et coups de cœur en tout genre... Et encore plus si on y ajoute leurs voyages en Inde effectués depuis Tachkent !

19 juillet 2009

10 MOIS ET 2 ANNIVERSAIRES PLUS TARD...

10 mois ont passes en Ouzbékistan sans que nous quittions cet étrange pays - ou plutôt sans que nous rejoignions la France puisqu'en étant honnêtes, nous sommes bien obliges de décompter nos presque 3 semaines de voyage en Inde.

10 mois et nos 2 anniversaires sont passes. Le mien fut "fête" dans un des nombreux trous perdus ouzbeks (du moins un trou perdu pour des yeux de Français), Boysun, "village" des montagnes du sud-est, dans une région coincée entre l'Afghanistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Quand je dis "village" c'est que les Ouzbeks le voient comme tel. Il y a peu de ville au sens ouzbek du terme. L'étalement et la population ne semblent pas des critères d'urbanité dans ce pays. Bref, ce fut donc a Boysun que j'ai passe le cap de mes 29 ans - dernière ligne droite avant la trentaine. Boysun ou nous logions dans un hôtel qui n'avait d'hôtel que le nom : quand notre taxi nous avait dépose, on se demandait si l'hôtel était cache derrière ce bâtiment en travaux, mais non le bâtiment en travaux était bien l'hôtel, dont le responsable nous a montre la salle de bains-WC hors-service au bout du couloir, sans doute pour nous dire de ne pas l'utiliser (pour aller au petit coin il fallait aller au-delà du petit terrain vague derrière l'hôtel). Sans parler, évidemment, de la kitschitude quasi glauquissime de la chambre.

2 mois et 3 jours plus tard, c'était au tour d'Aurélie de vivre un anniversaire mémorable en Ouzbékistan. Ce qu'il y avait de mémorable, déjà, c'est qu'on n'avait pas prévu d'être encore en Ouzbékistan a cette date-la ! Mais les multiples complications s'étaient accumulées et nous avaient fait revoir et re-revoir (et re-re-revoir) nos projets de voyage de retour vers la France. Attentat a la frontière kirghize envers un poste de police ouzbek (du moins c'est la version officielle), hausse du visa kirghize pour cause d'élections locales (donc pas envie de voir trop d'étrangers fouiller le pays a cette période), événements en Iran (pour lequel nous avions quand même obtenu un visa de transit juste avant les élections), dossier de demande de visa perdu par l'ambassade de Turkménistan, irrégularité (et incertitudes) des liens Kazakhstan-Azerbaïdjan via la mer Caspienne... Bref, tout le monde était parti vers d'autres cieux sauf nous, plantes a Tachkent, dans un ennui grandissant et ne sachant que faire. Et comme si un tel anniversaire n'était pas assez mémorable, Aurélie a eu la bonne idée de ne pas voir un trou dans la route (on en avait pourtant pris l'habitude dans ce pays) et de se tordre la cheville droite et s'érafler méchamment le genou gauche. Très pratique avant de commencer un voyage !

Finalement on s'était résolu a accepte ce qu'on voulait éviter : prendre un avion. Le 3 juillet donc, énième passage par l'aéroport de Tachkent pour s'envoler vers l'Azerbaïdjan. Quelques heures plus tard nous atterrissions donc a Bakou, sans savoir vraiment ce qu'on allait y voir. On s'imaginait alors une ville marquée par le soviétisme, une cite empreinte de saleté industialo-pétrolière, et un lieu plutôt marque par l'Orient, avec son lot de pauvreté apparente. Surprise, c'était plutôt l'inverse : une ville étonnamment moderne, avec un cœur historique charmant et une atmosphère européenne inattendue. Mais pas le temps de trop s'attendrir pour ce pays puisque notre visa de transit ne nous accordait que 5 jours pour le traverser. Un petit saut dans les montagnes, pour se reposer a Zaqatala, et hop c'était déjà un autre pays et d'autres impressions.

La Géorgie nous a plutôt fait l'effet inverse cote surprise. Certes, l'impression de revenir de plus en plus en Europe était aussi présente qu'en Azerbaïdjan, mais l'impression de pauvreté - ou du moins d'écarts de richesse et de grand chemin a faire pour la modernisation - nous a apparu plus flagrante que dans le pays voisin. Il faut dire que la Géorgie ne bénéficie ni de la manne pétrolière ni de rapports amicaux avec le grand voisin russe. Malgré les charmes de ce pays, il faut avouer qu'on est partiellement reste sur notre faim. Mais c'est prometteur, l'avenir s'annonce plus intéressant pour le pays et pour ceux qui le visiteront... car il fut plutôt frustrant de prendre autant de photos avec des échafaudages !

Enfin (du moins pour l'instant), nous voila les deux pieds en Turquie, ce pays que certains (beaucoup) refusent encore d'admettre dans l'Europe. Et pourtant, quand on revient d'un an en Asie centrale, c'est flagrant : même si ce sont les confins de l'Europe, ces limites floues dont les définitions varient, on y est bel et bien ! L'histoire riche et cosmopolite de ce pays nous en déjà mis plein les yeux, avec ses mosquées, ses églises byzantines et autres tombeaux royaux d'antiques royaumes. Peut-être sommes-nous en ce moment a l'apogée de notre voyage : l'inénarrable Cappadoce. Des paysages a couper le souffles contre lesquels les mots ne peuvent pas grand chose. Une adéquation - que dis-je... une harmonie parfaite entre les bienfaits de Dame Nature et ce que l'homme peut construire de plus fascinant. Déambuler dans les vallées est une activité dont on aimerait qu'elle ne se termine jamais ici. Les yeux ne savent plus ou donner de la pupille, entre les curiosités géologiques et l'ubiquité troglodytique dont on aimerait explorer tous les recoins comme un enfant dans un labyrinthe... C'en est presque indécent de voir autant de beauté concentrée en une seule petite région !

Ce soir, nous prenons un bus de nuit pour Pamukkale et ses vasques blanches naturelles. Puis ce sera probablement Éphèse et ses impressionnantes ruines grecques, Pergame, Istanbul, les criques de la mer Egee... Et des sauts de puces - a pas de geants - a travers la Grèce et l'Italie pour rejoindre (enfin) notre bonne et vieille France. A bientot !

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07 juin 2009

BHUVANESVARI, PETITE PHOTOGRAPHE D'UN JOUR

IMG_2897Certaines rencontres passagères marquent parfois plus les esprits que des gens qu'on côtoie régulièrement pendant plusieurs années. Des rencontres d'une intensité inouïe, à la force émotionnelle immense. Bhuvanesvari est l'une de ces rencontres. Ce nom quasi-imprononçable est celui d'une petite fille de 10 ans, qui vit dans une ville au nom tout aussi compliqué, Thiruvannamalai.

Thiruvannamalai est un centre de pèlerinage important dans l'État du Tamil Nadu, avec son temple grandiose, dominé par une colline où avait médité un prestigieux gourou. Visiter les deux grottes mystiques de ce dernier n'était pas notre intérêt principal en amorçant la montée. Nous étions IMG_2933surtout guidés par l'envie de s'éloigner un peu du brouhaha général et de profiter d'une vue panoramique sur les environs. Quelques dizaines de mètres après avoir quitté la rue qui bordait le temple, au milieu des modestes maisons, une petite fille s'est approchée. À première vue rien d'exceptionnel : nous avions l'habitude d'être soit une curiosité furtive soit un porte-monnaie ambulant ! Mais, je ne sais pourquoi, j'ai ressenti instantanément quelque chose de différent. Ce n'était pourtant pas le premier sourire qui brillait devant nos yeux de touristes. Mais quels yeux pétillants...

IMG_2864Sa grand-mère l'avait appelée pour qu'elle nous guide vers les grottes. Il y avait forcément un intérêt  financier derrière tout ça mais les yeux de Bhuvanesvari semblaient dire autre chose. Était-elle vraiment animée d'une joie réelle de nous tenir compagnie ou avait-elle une extraordinaire capacité d'hypnotiser des touristes pourtant habitués aux diverses sollicitations des Indiens ? Aurélie est restée plus méfiante que moi dès le départ. Peut-être ai-je été trop naïf mais j'ai voulu croire en la sincérité du sourire de Bhuvanesvari, laisser de côté un instant ma vigilance et mes doutes, donner une chance à de vrais rapports humains entre locaux et étrangers de passage (chose difficile dans ce pays).

PIC_0148Bhuvanesvari a pris la main d'Aurélie, et l'a entraînée dans la pente. Plus tard, c'était dans ma main que se lovaient ses petits doigts et sa paume à la peau sèche. Tout au long du chemin, elle n'a cessé de nous sourire et d'ouvrir d'immenses yeux qui nous dévoraient du regard. Et elle a voulu aussi porter mon appareil photo, ce qui fut pour moins l'indice ultime du magnétisme que la fillette exerçait sur moi puisque j'ai de grandes réticences à confier mon appareil à quelqu'un... et pourtant je lui ai mis la sangle en bandoulière autour de son cou. Elle gravissait les marches à mes côtés, avec un air extraordinairement fier (surtout lorsqu'elle croisait d'autres Indiens de son quartier), IMG_2871les mains posées avec grande précaution sur l'appareil pour le protéger, lui jetant parfois un petit coup d'œil comme pour admirer l'objet qu'elle avait le privilège de porter, me fixant ensuite dans le fond de mes yeux avec son sourire inaltérable.

À chaque étape du périple, elle semblait prendre un immense plaisir à nous montrer des détails, à nous mettre des fleurs dans les cheveux ou à apposer un tilak sur nos fronts... Et vint le moment où je lui ai laissé nous prendre en photo, puis donné quelques conseils (elle parlait un peu anglais).  PIC_0150Elle se montrait très attentive et curieuse, et faisait même preuve d'un étonnant sens du cadre pour une néophyte ! J'avais l'impression de la rendre heureuse, de lui permettre quelque chose dont elle n'aurait peut-être même pas osé rêver. Et mon imagination voyageait, je devinais chez elle monter une passion fulgurante pour la photographie, je lui inventais secrètement un avenir hors du commun, la comparant au personnage du film brésilien La Cité de Dieu, inspirée de l'histoire vraie d'un gamin des bidonvilles de Rio devenu photojournaliste. Bref, mon esprit divaguait, probablement, mais cette rencontre me paraissait de plus en plus forte et émouvante, et je m'attendrissait de plus en plus sur cette petite Indienne...

IMG_2900Mais la descente allait provoquer une lourde chute à cette histoire. Nous retrouvâmes son père, que nous avions rapidement croisé à l'aller. Il semblait ravi de voir sa fille s'épanouir et s'amuser avec nous. Il apparaissait comme quelqu'un d'accueillant, qui nous encourageait à suivre sa fille pour un thé dans sa petit maison.. mais cela cachait bel et bien un intérêt financier puisqu'il en vint à nous parler de supposés déboires de sa fragile maison (une grosse branche tombée sur le toit) et de son besoin de soutien, lui qui avait pourtant un téléphone portable flambant neuf. LIMG_2926a méfiance d'Aurélie se confirmait donc. J'avais voulu ne pas y croire mais elle avait malheureusement raison. Affreusement raison.

Le père ordonna sa fille de nous conduire chez lui. Elle me repris la main dans la descente, jusqu'à la cour de son foyer. Son sourire était toujours là, mais devenu plus troublant que fascinant - cachait-il la joie de nous faire rentrer chez elle ou la satisfaction d'avoir réussi ce que son père et sa grand-mère lui avaient demandé de faire ? Arrivés devant la modeste demeure, nous coupâmes court à ce moment passé avec elle. IMG_2913Aurélie lui donna quelques bonbons que nous avions dans nos poches (chose que nous n'avions d'ailleurs pas l'habitude de faire, justement pour ne pas encourager les comportements mendiants...). Le visage de Bhuvanesvari sembla se décomposer. Son sourire s'envola en une fraction de seconde, brisé. J'y voyais (et y vois encore) une immense déception. Mais de quelle nature ? Était-ce dû au fait qu'elle avait failli à sa mission et qu'elle redoutait la réaction de son père ? Ou était-ce parce que c'était, aussi pour elle, la fin d'une belle rencontre ? Où étaient la part d'illusion et la part de réel dans son visage et dans ce qui nous avait temporairement liés ?

IMG_2911J'ai toujours le cœur noué en repensant à elle. Doublement noué et troublé. Noué par le souvenir indélébile de ce sourire évaporé, et par ces yeux pétillants dont je n'arrive pas à savoir s'ils étaient sincères. Troublé par les questions que cet épisode a provoquées. Sommes-nous en droit d'être déçus, nous les touristes privilégiés ? Malgré l'exagération des propos alarmistes du père (je rappelle le portable...), n'est-ce pas légitime, dans la situation très modeste de sa famille, de réagir comme il l'a fait ? D'ailleurs, un mois après, il nous a envoyé un mail pour nous demander de lui envoyer de l'argent via Western Union ! Plus qu'un simple mail, c'était une feuille scannée, sans doute écrite par sa fille à sa demande. Définitivement perturbant...

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06 juin 2009

LE CLAN DES SEPT EN OUZBÉKISTAN

IMG_0512L'énigme était simple pour cet épisode inédit des aventures créées par Enid Blyton : comment déplacer le clan des 7 à travers l'Ouzbékistan ? Dans le rôle de Pierre et Jeannette, Aurélie et moi devions mener la troupe. Pas de chien Moustique pour nous accompagner (pas de moustiques tout court d'ailleurs) mais mes parents (Dodo et Marc), ma soeur (Alex), la sœur d'Aurélie (Hélo) et notre fidèle Evelyne. Pas moins de 7 Français donc, pour découvrir (ou redécouvrir) quelques joyaux de ce pays. Notre mission était de caser le maximum (ou plutôt l'optimum) en moins de 9 jours.

IMG_8640Première étape, inéluctable : la capitale Tachkent, où tout a commencé par un thermomètre sous le bras imposé par des infirmières ouzbèques pour déceler une éventuelle grippe "porcine". Parmi les premières impressions : oulala, la conduite, elle est sportive... et pourtant y a bien pire que ces premiers taxis ! Et nos 5 zigotos de trouver qu'on a un niveau de russe exceptionnel : qu'est-ce qu'on peut épater avec deux-trois bricoles et du parler "petit nègre" ! Premiers défis : gérer le décalage du voyage (pas un décalage horaire insurmontable mais une halte relativement longue à Istanbul et une arrivée de très bonne heure) et répartir tout ce beau monde dans deux appartements, ainsi que les bagages - en partie pleines de réjouissances pour les expatriés que nous sommes (journaux français, bouffe franchouillarde, éléments de technologie manquante...). Alors, sieste ou pas sieste ? Allez, sieste... Puis c'est parti mon quiqui, on fait un détour par la gare pour les trains des jours prochains, on visite notre quartier et l'école et hop ! Direction Chorsu, le bazar et sa coupole bleue. Premiers contacts avec la population locale et déjà premières affaires. Comment ça c'est pas cher, maman ? IMG_9196Il faut bien négocier quand même, c'est une question de culture et d'habitude, même pour quelques pauvres soums ! Ah la la, ces touristes, j'te jure, ils seraient prêts à acheter un bracelet à 1 euro... Bon c'est pas tout mais on a aussi mon maître-potier Alisher à qui rendre visite puis faire un tour dans le centre vers Mustaqillik. Allez zou !

Deuxième jour, en avant Samarcande (et non Guingamp) via la voie ferrée. Un petit aperçu de la richesse cinématographique ouzbèke grâce à l'écran installé dans le wagon : "Advoktlar", une histoire d'avocats qui voient leurs magouilles de jeunesse leur revenir dans les dents, bref une histoire apparemment passionnante avec un jeu subtil et montage d'une finesse rare (ironie évidemment). Arrivée à Samarcande, notre troupe est fascinée par les monuments grandioses. Même avec la déception de les voir noyés dans une ville plutôt bruyante et partiellement soviétisée... et même si Hélo en a déjà marre du bleu.

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Pour éviter l'overdose de médersas, mosquées et autres mausolées, rien de tel que d'aménager des pauses villageoises. Sur suggestion d'Aurélie, nous voilà donc sur les hauteurs d'Urgut, à ne plus savoir où donner du "assalam aleïkoum" IMG_8992tant la troupe semble être la curiosité du jour pour les locaux, l'activité qui rompt la monotonie de leur routine. C'est bien une des choses les plus revigorantes dans ce pays : constater que la curiosité est des deux bords, que la rencontre devient une réjouissance pour les visiteurs comme pour les visités, que l'on est toujours la bête curieuse de quelqu'un. Revers de la médaille : pas moyen d'être tranquille ! Et lorsqu'on décide de monter un peu plus dans la montagne et de traverser les champs, voilà que surgissent de toutes parts, en bas dans la vallée, des têtes qui nous regardent, des voix qui nous hèlent et des bras qui s'agitent pour nous indiquer où descendre. Pour eux, nous ne pouvons qu'être perdus, évidemment, qui aurait intérêt à se promener là-haut?...

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IMG_9246La pause villageoise est salutaire et le lendemain recommence l'exploration des merveilles historiques : Boukhara. Notre préférence à nous, Aurélie et moi, semble devenir aussi la préférence de notre clan. S'ils n'ont pas eu la joie de se perdre dans les méandres de la vieille ville (c'est l'inconvénient de se laisser guider par ceux qui connaissent un lieu...), et malgré les côtés attrape-touristes que sont toutes les échoppes et leurs vendeurs-sangsues, ils sont charmés par l'atmosphère beaucoup plus vivante et authentique que les villes précédentes et leurs malheureuses séquelles de l'histoire (notamment sismique et soviétique). Déambuler, c'est ce qu'il y a de mieux à faire dans Boukhara et à sept, on le fait très bien. IMG_9410Quand on est en manque de sensations fortes, il suffit de grimper sur le château d'eau en face de l'Ark, cette structure métallique dont on se surprend à gravir les marches au-dessus du vide. Et pour se remettre de ses émotions, rien de tel qu'un petit thé ou un repas au bord du Liab-i-Khaouz. Repas... Comment ne pas mentionner l'extraordinaire chance que nous avons eu durant tout le voyage : tomber généralement sur ce qui peut se faire de mieux dans la gastronomie ouzbèque... mais malgré cela la trouver monotone et peu enthousiasmante. Qu'est-ce que nous pouvons être chiants, nous Français, avec notre complexe de supériorité gastronomique !

Pour l'étape suivante, nos talents de négociateurs ont embarqué toute la clique à bord d'un mini-bus rien que pour nous. Direction Khiva, entre décontraction (on a de la place...) etIMG_9708 stress (slalom entre les trous à toute berzingue, un grand classique de la conduite ouzbèque). Arrivé à Khiva, que faire ? Se reposer d'abord. Profiter un peu de quelques vues de Khiva le soir (mais pas trop car l'orage s'en mêle). Visiter plutôt le lendemain. Pas seulement visiter d'ailleurs : passer des heures à choisir des suzanis et autres souvenirs, faire les pitres avec les splendides colonnes de la mosquée Juma (quel respect du lieu !), se demander quelle robe de mariée kitsch à paillettes ferait le plus d'effet en France...

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IMG_0204Le jour suivant, c'est voyage dans le temps parmi les ruines : ces fameuses citadelles du désert dont on vous avait déjà dit des nouvelles. L'occasion aussi de traverser l'Amou Daria à pied sur le pont flottant fait de barges rouillées. L'occasion aussi de prendre un repas sous une yourte au pied de l'Ayaz-Kala (citadelle que nous n'avions d'ailleurs pas visitée lors de notre première visite). L'occasion ensuite, puisqu'on arrivait plus tôt que prévu à l'aéroport d'Ourguentch, de se renseigner pour un éventuel vol antérieur à celui que nous avions réservé. Après tout, on aurait pu mieux profiter de la soirée à Tachkent plutôt que de poireauter à l'aéroport ! Peine perdue, pas d'avion plus tôt que 21h (et comme on est seuls dans l'aéroport, on prend nos aises, à boire un café en chaussettes!).IMG_0407 Pire, l'avion est en retard. Pire de chez pire, l'avion au départ de Tachkent est finalement annulé, officiellement pour cause d'orage intense. Pire du pire du pire, il faut passer la nuit à Ourguentch (une ville aussi palpitante que Givors par temps de brouillard). Pirissime, notre ami Umid et sa famille nous attendent le lendemain dans leur village de Soukok, dans les montagnes autour de Tachkent, et on n'a aucun moyen de le prévenir de notre retard (l'avion du lendemain arrivant en fin de matinée).

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IMG_0532Toujours est-il qu'on a tout de même pu y aller, à Soukok. Et avec 2 bonnes heures de retard. Mais l'Ouzbek est patient, surtout s'il s'agit de notre immense Umid (immense par la taille et par le cœur). L'accueil est irréprochable, comme d'habitude. La petite Faranghiz est très éveillée et regarde cette bande d'étrangers avec de grands yeux curieux, mais pleure quand elle croise le regard de mon père - elle aurait donc compris que c'est le méchant docteur qui fait des piqûres ? Et pendant que les femmes s'agitent à préparer le traditionnel plov en notre honneur (honnêtement un des meilleurs qu'on ait goûtés en 8 mois dans ce pays), Umid nous mène un peu sur les hauteurs. Ce ciel, d'un bleu profond, et ces montagnes aux sommets enneigés. Quel spectacle fabuleux. Simple, pourtant, mais fabuleux. Reposant aussi après cet intense voyage à 7.

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Le soir, 5 s'envolent et 2 restent. Comme si l'émotion des départs ne suffisait pas, il a fallu une péripétie supplémentaire, une peur au ventre : avec nos 165 kilos de bagages (puisque nos 5 en profitent pour nous ramener en France une partie de ce qu'on a accumulé...), obligés de prendre 3 taxis pour rejoindre l'aéroport. Or seuls Aurélie et moi parlons russe. Dodo et Evelyne se retrouvent dans le seul taxi sans russophone, avec les passeports de tous et seulement les 4000 soums nécessaires pour rejoindre le terminal. Comble de la malchance, c'est à elles qu'arrive ce qu'on avait fini par ne presque plus redouter à force de s'habituer aux conditions locales : un accident ! Leur taxi a voulu suivre celui d'Aurélie (ou faire la course ?) et a pris un virage trop rapidement, tombant donc dans une de ces nombreuses canalisations ouvertes qui bordent les routes ouzbèkes. IMG_17115 d'entre nous sommes à l'aéroport, de plus en plus inquiets de ne pas les voir. Elles, malgré le choc (plus de peur que de mal), malgré ce con de chauffeur qui ne s'inquiète que de sa voiture et a le culot de demander le paiement d'une partie de la course, malgré leurs notions inexistantes de russe, elles, donc, finissent par se faire emmener par un autre taxi. Soulagement général. Et les larmes sont là, évidemment. Des larmes post-angoisse et des larmes pré-départ. Mais il y a aussi, là-dessous, de la joie d'avoir passé ces 9 jours à 7. L'aventure finit bien et d'autres nous attendent...

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23 mai 2009

LE JEU DES DIFFÉRENCES

En attendant les prochains textes (deux sont en préparation - un sur l'Inde, un sur l'Ouzbékistan), je vous propose de patienter avec un petit jeu des différences puisque notre ascenseur a subi quelques... comment qualifier ça? Même le mot "retouches" serait exagéré... Je vous laisse donc admirer et constater par vous-mêmes l'ampleur des rénovations (je précise quand même que l'ancienne version est celle proposée en premier).

(à propos j'en profite pour souligner - juste au cas où - qu'il est possible d'agrandir les photos présentes dans les textes en y cliquant dessus...)

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15 avril 2009

NOS AMIS LES ANIMAUX...

Après une longue absence sur le blog, je me suis dit qu'un petit message sans prétention serait un bon moyen de me remettre petit à petit à l'alimentation de ce blog. Pour (re-)commencer donc, rien de tel que de vous conter modestement la suite de nous aventures avec les animaux, suite au cheval qui a renversé Aurélie dans une station de ski et au chien qui m'a mordu avant un match de football.

IMG_5849Pour notre deuxième voyage en Inde (qui commence déjà à dater, vu mon retard !), on a été servis... Le principal moment d'émotion reste un trajet en bateau dans les backwaters (des canaux qui sillonnent l'intérieur du Kerala, non loin du littoral), lors d'une belle soirée. Le soleil se couchait progressivement, nous offrant un paysage magnifique d'ombres et de silhouettes alors que les villageois se baignaient et se lavaient sur le rivage. Bref, tout semblait splendide et nous profitions de l'avant de notre embarcation de bois... quand arriva un premier cafard. Un seul nous aurait déjà suffit à nous dégoûter mais c'était sans compter sur ses amis qui semblaient surgir de toutes parts. "Ce n'est pas la petite qui va manger la grosse", dit-on généralement. IMG_4937Certes, mais ces bêtes-là ont quelque chose d'irrémédiablement répugnant. J'avais beau me forcer à penser aux rares cafards de fiction sympathiques que je connaisse (celui qui accompagne Wall-E dans le film éponyme de Pixar, ou ceux qui chantent en chœur dans l'hilarant Bienvenue chez Joe, comédie trop méconnue), je ne parvenais pas à me réjouir de la présence de ces cafards-là. Le pire, c'est qu'ils commençait à grimper dans le sac d'Aurélie, ayant repéré un paquet de pain de mie pourtant hermétiquement fermé ! On a donc secoué le sac, laissé le paquet de pain de mie par terre à l'avant du bateau, en guise de rançon contre notre tranquilité, et on s'est réfugié quelques sièges plus loin. Quelques jours plus tard, un cousin de ces compagnons de voyage nous rendait visite dans une chambre d'hôtel où l'on avait déjà eu quelques problème de fourmilière sous un matelas...

Mais le plus original était à venir : dans une rue de l'ancien comptoir portugais de Fort-Cochin, nous avions eu l'agréable privilège d'assister plusieurs fois au charmant spectacle de l'évolution d'un cadavre de rat, qui se décharnait de plus en plus au fil des passages des véhicules. Jusqu'au jour où... un corbeau a eu la bonne idée d'emporter le pauvre animal dans son bec et de le lâcher quelques centaines de mètres plus loin aux pieds d'Aurélie, la manquant de peu !

IMG_4755Ailleurs, nous aurions plutôt souhaité les voir, les animaux, au lieu de les fuir. Mais, dans le parc naturel où on nous promettait d'apercevoir des éléphants si on était chanceux, on s'est contenté de visions lointaines de sangliers, singes et autres "écureuils géants" (qui nous paraissaient évidemment minuscules). Histoire de nous rattraper, nous avons par la suite visité un zoo, dans lequel il convient de noter qu'un rhinocéros nous a tourné le dos pour nous offrir la magnifique vue de son popotin en train d'uriner. Les animaux s'étaient donc sûrement passé le mot pour continuer de nous embêter à l'instar de leurs collègues ouzbeks.

 IMG_4741 IMG_5737IMG_5820IMG_4785IMG_5711IMG_6402IMG_5800IMG_5763

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