24 décembre 2008
JOYEUSES FÊTES DEPUIS PONDICHERRY !
Ce texte est tres court mais je ne pouvais passer a cote de cette occasion de souhaiter a tous un joyeux Noel depuis Pondicherry - et cela sans accent pour cause de clavier Qwerty... Cette ville est vraiment fascinante, tous nos sens sont en eveil, mon appareil photo est en surchauffe et nos porte-monnaie auraient bien envie d'etre sans fond.
Evidemment l apercu photographique sera pour plus tard. En attendant nous en profitons pleinement. Plus que pleinement meme puisque ce soir nous nous offrons une petite folie : un repas de Noel dans un resto franco-indien a 900 roupies (soit 17 euros environ, une vraie fortune quoi !). Et demain, je vais probablement arriver enfin a realiser ce reve de passer un Noel sous le soleil et sur une plage. Mais je croise quand meme les doigts parce que j'avais deja eu cette occasion une fois en Autralie et, comble de malchance, il avait fait un temps automnal, le Noel le plus froid depuis plus de 40 ans en Australie.
Bref, pour les details, vous attendrez un peu. Bises a tous et joyeux Noel !
21 décembre 2008
NOËL À TACHKENT
Ca y est, Noël approche ! Depuis hier nous sommes en vacances et ce soir nous serons dans l'avion, direction Delhi puis Madras (appelée Chennai depuis 1996 mais tout le monde ne s'y fait pas!) et Pondichéry. Les fêtes de fin d'année se passeront donc en Inde pour nous. Mais avant ça, un petit mot sur les festivités à Tachkent.
Même si les communautés russe (en majorité orthodoxe) et étrangère (en partie occidentale ou occidentalisée) sont relativement importantes dans la capitale, il est étonnant de voir autant de décorations de Noël, que ce soit dans le centre de la ville ou sur les stands
des bazars qui vendent des guirlandes et des boules. En fait, Noël semble avoir un attrait important même pour les Ouzbeks, généralement musulmans. Peut-être est-ce à cause de tout ce brillant et de toutes ces couleurs que cette fête peut apporter ? Ou est-ce une façon symbolique de s'approcher de l'Occident avec cette fête somme toute très laïcisée de nos jours ?
Toujours est-il que la frénésie est là - évidemment pas autant qu'en France mais quand même. Dans la galerie marchande de Mir, on n'avait encore jamais vu autant d'effervescence, avec des distributions de prospectus (des pubs ? des promos ?) de la part d'une jeune fille affublée d'un chapeau de Noël, d'une autre jeune fille en tenue de Miss Noël (comprenez mini-jupe sexy et grandes bottes) ou encore d'un lapin bleu (au moins, cette personne cachait son ridicule derrière son costume). Le mieux, c'est sur la place Mustakillik, où ont
été installés un immense sapin, de multiples décorations, des stands de friandises et de merdouilles en tout genre, des jeux pour enfants, etc.
C'est là qu'on se rend compte qu'un minimum de choses peut égayer les Ouzbeks. C'en est presque émouvant de les voir si heureux et enthousiastes. Non pas qu'ils sont forcément malheureux le reste du temps mais on prend conscience - et peut-être eux-mêmes - qu'il manque quand même quelque chose dans leur vie pour qu'elle soit plus épanouie, un peu d'animation peut-être, un peu de fantaisie sûrement, un peu de modernité qui sait ?
Du coup, on s'est acheté un petit sapin en plastique (pour quelques milliers de soums), histoire de marquer le coup dans notre appartement. L'école aussi a marqué le coup en organisant, par la volonté des parents essentiellement, une petite fête avec spectacle des enfants (chants, théâtre...) et animation de Noël à la russe. En quoi consiste une animation de Noël à la russe, me direz-vous ? Deux personnes déguisées en Spiderman et en Blanche-Neige arrivent au milieu des enfants, en parlant (ou plutôt criant) en russe sur fond de musique techno ou hip-hop ou je ne sais quelle autre musique hors sujet. Puis Spiderman
s'en va et revient en Père Noël bleu (Coca n'ayant pas contaminé l'ex-URSS j'imagine...) puis c'est au tour de Blanche-Neige de se transformer successivement en petite-fille du père Noël à la jupe argentée et en danseuse du ventre à la tenue transparente indécente qui tendrait à faire plus plaisir aux papas qu'à leurs enfants. Bref, voir le père Noël bleu danser le rap avec les enfants a quelque chose de pathétique... mais ici ça a l'air de plaire. C'est peut-être ça l'essentiel !
En tout cas, la neige est au rendez-vous (plus tardivement que d'habitude, paraît-il). Tachkent prend une toute autre allure sous ce manteau blanc. Aussi léger soit-il pour l'instant, il semble éclipser un peu l'urbanisme soviétique en cachant certaines imperfections et grossièretés architecturales. Le froid aussi commence à tenir ses promesses, en attendant les grosses températures négatives de janvier. Mais l'actualité, pour nous, c'est le soleil et la mer du sud indien. Carpe diem, comme disait l'autre...
20 décembre 2008
À L'ASSAUT DES CITADELLES
Quittons Noukous pour Khiva. Saisissons cette occasion pour faire quelques haltes dans cette étendue aride. Quelques sauts dans le temps avec d'autres fantômes, bien plus anciens que les pêcheurs de la mer d'Aral. D'autres lieux qui attestent de la grandeur passée de cette Asie centrale aujourd'hui (trop) délaissée - no
tamment ce pays des Karakalpaks. Ces vestiges d'un autre temps, c'est la quinzaine de "citadelles du désert" éparpillées dans le Khorezm antique.
Ce terme générique n'est toutefois pas très correct pour notre première visite : Chilpak (ou Chil'pyk). Au loin, se détache une forme qui rappelle étrangement les structures géologiques de Monument Valley ou, pour les cinéphiles, l'une des images les plus mythiques de Recontres du troisième type.
Notre taxi quitte la route principale et s'enfonce en direction de la forme, empruntant un sentier à peine visible sur la terre poussiéreuse, slalomant entre les arbustes et plantes xérophiles. Au pied de la forme, il se dégage une atmosphère curieuse. Peut-être, une fois de plus, ce silence environnant, ce désert autour.
Chilpak est une ancienne "tour du silence" zoroastrienne (donc pas une citadelle), datant du début de notre ère. Il s'agit en fait d'un simple mur de terre décrivant un cercle au sommet d'une colline. Simple mur, certes, mais tout de même imposant, avec une hauteur maximale de 15 mètres. D'autant plus imposant qu'il domine une vaste plaine où les quelques collines ne lui font qu'une pâle concurrence. Nous grimpons et pénétrons dans ce temple par une étroite ouverture.
Au centre du cercle, les fidèles de Zarathoustra laissaient leurs morts en pâture aux oiseaux charognards, puis récupéraient les restes osseux et les enterraient dans d'autres collines alentour.
Savoir ce qui se passait en ce lieu peut donc glacer le sang... Mais la vue d'ici est magnifique ! Avec leurs vestiges, les Zoroastriens nous permettent d'embrasser ce vaste paysage et d'avoir un autre aperçu de la situation écologique et économique de la région, avec, ce sel qui ronge la terre, ces arbres et ces champs qui ne peuvent s'éloigner guère du fleuve, et ces petites fermes archaïques ça et là. Encore une fois, la beauté des lieux nous rappellent aussi la rudesse des conditions locales. Mais nous ne pouvons nous empêcher de nous enthousiasmer devant cette palette automnale qui borde l'Amou-Daria, et de profiter de cette sensation de doux vertige depuis le haut de ces murs.
Après avoir repris la route, nous voici devant une autre citadelle du désert (une vraie cette fois), qui semble abandonnée au milieu des champs, tout près d'un village reculé. Kzil-Kala a l'allure d'un vieux fort en pisé, massif, d'une quinzaine de mètres de haut. De l'intérieur, il est clair que Kzil-Kala bénéficie de la sécheresse environnante car les sillons dans la terre attestent du danger que constituent les pluies pour la survie de cette forteresse. Les murs sont faits de briques non cuites qui ne résisteront pas des millénaires sans restauration. C'est déjà presque un miracle qu'ils aient autant survécu depuis les dernières reconstructions du fort à l'époque des invasions mongoles il y a déjà plus de 7 siècles - sans parler des conséquences des invasions elles-mêmes qui auraient pu conduire à son anéantissement total.
De l'autre côté du même village, s'étend l'un des plus beaux joyaux de cet ensemble de sites archéologiques khorezmiens : Toprak-Kala. De loin, l'aspect n'est pourtant pas aussi prometteur que Kzil-Kala ou Chilpak mais c'est ce qui rendra sa découverte d'autant plus impressionnante. Nous ne voyons d'abord qu'un long mur et une structure affaissée puis, après être entré par l'ouverture principale, une architecture
rectangulaire, certes imposante mais toujours pas assez époustouflante par rapport à ce que nous pouvons attendre de Toprak-Kala si nous en croyons les guides. C'est en fait un vaste trompe-l'oeil puisqu'il suffit de continuer l'exploration, en s'engoufrant dans les ouvertures par exemple, pour se retrouver d'un seul coup au sommet d'un complexe immense et surprenant. Le grand rectangle par lequel on arrive ne constitue qu'une partie du palais, lui-même n'étant qu'une infime partie de l'ensemble de la forteresse que des remparts délimitent
encore. Seul le palais subsiste puisque le reste des habitations a été réduit à l'état de morne plaine. Mais quel palais ! Un petit labirynthe de salle et de couloirs, aujourd'hui pour la plupart sans toit, et quelques rectangles plus vastes à l'emplacement d'une tour, d'un temple ou encore de la chambre royale. En quelques endroits, des cercles attestent la présence d'ornements... aujourd'hui transférés dans des musées russes !
En repartant, nous prenons aussi conscience que certains vestiges du village extérieur aux remparts et du système de canalisation restent encore visibles, non loin de là où nous étions rentrés. Notre regard évolue à la lumière de ce que nous avons admiré.
Nous reprenons la route, les yeux plein d'histoire malgré la maigreur des informations dont nous disposions pour appréhender ces vestiges. En route pour Khiva...
Petite précision : ma batterie m'a lâché au mauvais moment... d'où la qualité relativement médiocre de la plupart des photos de Toprak-Kala, prises avec le petit camescope d'Aurélie.
19 décembre 2008
TRUCS ET ASTUCES : DIVERS
Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le
texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori
intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter
l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à
mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les
lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques
suivantes sont d'actualité.
Enregistrement
* Il est obligatoire, en tant que non-Ouzbek, de se faire enregistrer auprès de l’OVIR, le service local d’immigration (ce qui est par ailleurs payant !) dès qu’on change de région/ville. Mais pour la majorité des personnes, ce sera fait par les hôtels (qui incluent apparemment les frais dans leurs prix) ou par le propriétaire de votre logement (avec parfois l'aide de votre employeur éventuel). Bonne chance à ceux qui doivent le faire eux-mêmes ! Ces enregistrements donneront lieu à des petits papiers qu'il faut impérativement conserver pour la douane au départ du pays (pour les résidents, ce sera carrément un tampon sur le passeport). Toutefois, il est possible d'avoir des "trous" durant la durée de votre voyage mais ceux-ci ne doivent pas excéder 3 jours consécutifs (gérez donc bien vos séjours chez l'habitant et vos voyages de nuit, qui ne donneront lieu à aucun papier de l'OVIR).
* Pour les Français qui viennent vivre (ne serait-ce que quelques mois) en Ouzbékistan, pensez aussi à vous inscrire sur le registre des Français à l’étranger, ce qui est utile en cas de problème. Il suffit de passer à l’ambassade (et ça c’est évidemment gratuit !). La petite carte que vous recevrez peut aussi servir à obtenir certains prix réduits dans des musées et monuments (en fait seuls les membres de l'ambassade y ont droit mais ça marche souvent car il y a le logo de l'ambassade sur la carte!).
Santé et hygiène
* Il est très déconseillé de boire l’eau du robinet, même à Tachkent. On peut toutefois la consommer après l'avoir fait bouillir (toutefois même cette technique est déconseillée au Karakalpakistan mais on a bu du thé là-bas et on n'est pas morts!). Achetez des bouteilles d’eau, voire des bidons de 5 litres… qui sont aussi utiles en cas de coupures d’eau (ça arrive).
* On trouve facilement en pharmacie du paracétamol, de l’ibuprofène, etc... Prononcez les noms des molécules, ils comprendront puisque ce sont les mêmes mots.
* A notre connaissance, il n'y a pas de poubelles collectives par immeuble mais par quartier. Explorez donc les rues voisines et vous repèrerez facilement quelques poubelles débordantes (notez que ce sont généralement les seules concentrations d'ordures puisque les rues sont relativement propres).
* Il est parfois possible de trouver des toilettes publiques, en général payantes aux alentours de 200 soums. Ca peut être utile! Vous en trouverez par exemple à Tachkent du côté du marché de Chorsu (plusieurs sont éparpillées dans le quartier) ou sous les cigognes de Mustakillik. A Samarcande, il y en a par exemple à côté de Gour Emir.
Langues
* Alphabet : l'ouzbek a officiellement abandonné le cyrillique pour l'alphabet latin turc, mais les noms de lieux sont encore très souvent écrits en cyrillique (notamment sur les bus et maxi-taxis), et on a encore beaucoup de choses écrites en russe, notamment à Tachkent (publicités par exemple).
* Ouzbek : pour ceux qui maîtriseraint le turc, il peut être possible de se faire comprendre car il existe de grandes similitudes entre les deux langues. Notez que la minorité russe ne parle en général pas l'ouzbek. Le kirghiz, le kazakh, le turkmène et le karakalpak sont aussi des langues turcophones, parlées par certaines minorités du pays.
* Russe : parlé par la grande majorité de la population urbaine, un peu moins dans les campagnes reculées. Une partie de la jeunesse ne sait pas non plus parler russe, langue progressivement délaissée par le système éducatif depuis l'indépendance au profit de l'ouzbek et des langues occidentales. Il est utile de prendre quelques leçons de base avant de partir (nous recommandons la méthode Assimil) et un petit guide de conversation (comme celui édité par Lonely Planet) peut s'avérer fort profitable !
* Tadjik : parlé par les minorités tadjiks dispersées dans le pays (notamment dans les monts Nouratine et au sud-est de Samarcande). Contrairement aux autres langues d'Asie centrale ex-soviétique, le tadjik est proche du persan, dont la maîtrise éventuelle peut donc vous aider !
* Anglais : relativement peu parlé mais on arrive à trouver quelques personnes qui le baragouinent (souvent très mal), surtout parmi les jeunes. L'anglais est toutefois de plus en plus étudié, notamment dans les villes touristiques importantes (surtout Boukhara).
* Français : très peu parlé! Ca reste tout de même (d'après certains échos) la deuxième langue étrangère enseignée après l'anglais (le russe n'étant pas tout à fait considéré comme une langue étrangère...) donc une bonne partie de la population connaîtra quelques mots de base (car l'enseignement qu'ils ont eu est souvent très très rudimentaire). Il y a toutefois une petite population de francophiles, notamment à Tachkent. On peut notamment les rencontrer dans les Centres culturels français (Tachkent, Samarcande, Boukhara).
Prises de courant et voltage
Les prises en Ouzbékistan sont exactement du même format qu'en France donc pas besoin d'adaptateur pour les Français. La seule différence, c'est qu'il n'y a jamais de prise de terre. Et c'est aussi du 200V et du 50Hz comme en France.
TRUCS ET ASTUCES : ACHATS ET ALIMENTATION
Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le
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intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter
l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à
mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les
lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques
suivantes sont d'actualité.
Argent
* Ne comptez pas trop sur vos cartes bancaires en Ouzbékistan car il y a très très peu d'endroits où on peut retirer de l'argent et encore moins payer avec la carte. Je ne connais qu'un seul distributeur à Tachkent (non loin du magasin Mir, métro Mustaqillik). Il en existe apparemment quelques-uns dans les 3 hauts lieux touristiques (Samarcande, Boukhara, Khiva), parfois à l'intérieur des grands hôtels. Prévoyez plutôt d'arriver en Ouzbékistan avec de l'argent liquide (en euros ou en dollars).
* Vous remplirez, en arrivant à l'aéroport, un papier indiquant la somme que vous emmenez avec vous et les éventuels objets de valeur. Il faut remplir deux papiers identiques par personne, l'un que vous remettrez aux autorités ouzbeks, l'autre pour vous. Conservez impérativement ce papier, qui vous sera demandé à votre départ (même s'il s'agit d'un départ provisoire puisque vous complèterez un autre papier à votre retour). Attention, il n'est pas accepté de repartir avec plus d'argent liquide que ce que vous aviez en arrivant! Il ne vaut mieux pas essayer de tricher car les douaniers peuvent vérifier ce que vous indiquez, que ce soit à l'arrivée ou au départ (mais à choisir, il vaut peut-être mieux tenter de dire qu'on a plus d'argent que la réalité en arrivant). Ce genre de choses est très problématique pour ceux qui s'installent en Ouzbékistan et qui partent en voyage ailleurs puisque, évidemment, ces personnes devraient revenir avec moins d'argent à la fin de leur voyage!
*
1 € = 1800 soums environ (novembre 2008). Pour plus de facilité, considérez que 1000 soums valent environ 50 centimes d’Euros… ce qui correspond aux plus grosses coupures ! Prévoyez donc de gros porte-monnaie (mais vous pouvez en acheter des jolis sur place...) et habituez-vous à compter vos billets. Généralement, vous trouverez des billets de 1000, 500, 200, 100 et 50 soums, parfois de 25. Il existe aussi des pièces de 50, 25, 10, 5 et 1 soums (on n’a encore pas vu de pièce de 1 soum). Quant aux anciens « centimes » (les diyins), ils sont évidemment introuvables aujourd’hui (à part peut-être au marché aux puces?).
* Lorsque le montant de vos courses ne se terminent pas par deux zéros (généralement par 50 mais il peut y avoir d’autres cas…), le vendeur peut, au moment de vous rendre la monnaie, faire l’appoint avec des bonbons, des chewing-gums, des petites boites d’allumettes ou tout autre petit article. Certains (pas tous) vous demanderont si ça vous va et dans ce cas vous pouvez refuser (mais ils n’auront peut-être pas de billet de 50 pour vous rendre la monnaie) ou choisir un autre petit article ! Parfois vous pouvez aussi garder vos bonbons pour le réutiliser comme monnaie !
* Devant les bureaux de change on trouve parfois des particuliers, dans la rue, qui proposent un meilleur taux de change ! Trois conseils majeurs : 1) vérifiez d’abord le taux de change officiel ; 2) vérifiez qu’il n’y a pas de flics autour (sinon vous pouvez vous en tirer avec un long séjour de temps perdu au poste et la confiscation de la somme que vous vouliez changer !) ; 3) n’hésitez pas à recompter sur place, au moins un tas, pour vérifier s’il n’y a pas arnaque (en général non mais si c’est le cas, il y a de forte chance que la personne ne vous arnaque pas la fois suivante). Ceci dit, vous ne gagnerez guère que quelques milliers de soums donc cela vaut-il le coup ? A vous de juger...
Achats
* Plusieurs moyens de faire ses courses : petits supermarchés, petites boutiques, marchés (bazars) et vendeurs de rue. Il est possible (et souvent recommandé!) de marchander sur les marchés, envers les vendeurs de rue et surtout dans les magasins de souvenirs.
* Au marché, il est pratiquement impossible d’acheter par tranches de 100g de légumes ou de fruits. Ca marche au kilo, au mieux au demi-kilo. Pour des quantités moindres, se reporter généralement aux petits supermarchés, mais où c’est généralement plus cher.
* Il n’y a pas vraiment de règle pour savoir où c’est moins cher et où on peut trouver un produit spécifique. Les prix peuvent être meilleur marché dans un supermarché que dans un autre pour un produit et vice-versa pour un autre produit. Une seule règle généralement respectée : les produits frais sont moins chers sur les marchés (ou vendeurs de rue) qu’en boutique.
* Les livraisons sont parfois aléatoires donc si vous trouvez un produit qui vous plaît, il ne faut pas hésiter à sauter dessus et parfois à faire quelques provisions si le produit s’y prête !
* Vous aurez un choix plus varié (dont quelques produits plus spécifiques ou européens) dans des grands magasins comme le Mir (métro Mustakillik), le Turkvoaz (métro Buyuk Ipak Yoli) ou le Korzinka (métro Kosmonavtlar). C'est en général plus cher... mais pas toujours (Korzinka est meilleur marché que les deux autres).
Alimentation
* Les produits sont généralement de saison et de provenance locale. Attendez-vous à un choix beaucoup plus limité en hiver (chou, pomme de terre, potiron, pomme, poire) et à payer plus cher pour certains produits non locaux (bananes notamment… qui sont pourtant nécessaires dans les phases d’adaptation digestives !).
* Poisson : à éviter fortement vu le degré de pollution des cours d’eau (sans parler de la mer d’Aral évidemment…).
* Yaourts : la plupart des yaourts qu’on trouve ici sont plus « gélatineux » que chez nous et ont une durée de conservation étonnamment longue (apparemment ils sont bourrés d'antibiotiques). Mais il y a aussi le yaourt artisannal qui peut s'avérer très très bon.
* Chocolat : éviter le chocolat local qui n’a aucun goût (en tout cas pas vraiment un goût de chocolat !). La marque Alpen Gold est, pour l’instant, la seule digne du nom de chocolat parmi nos diverses tentatives dans les gammes de prix raisonnables (il est en effet possible de trouver des chocolats comme Lindt ou Nestlé, beaucoup plus chers, et certains Nestlé ne sont d'ailleurs pas de la même qualité que ceux vendus en Europe). On nous a conseillé le chocolat russe, kazakh ou ukrainien donc ça reste à voir. Par contre, pas de problème pour le cacao, qu’on peut trouver soit en boites industrielles dans les supermarchés soit au détail dans certains marchés et quelques boutiques (errez du côté des épices et demander « kakao »), pour moins de 5000 soums le kilo si vous négociez bien.
* Pain : à part les lipiochkas (pain rond ouzbek), leurs pains ont souvent une fâcheuse tendance à moisir rapidement ! Comptez entre 400 et 1000 soums selon la taille des lipiochkas (en général c'est plutôt 600). Les meilleures lipiochkas sont sans doute celles de Samarcande.
* Beurre : pas facile de savoir quel beurre est un vrai beurre ! Le mot russe ("masla") est d'ailleurs le même pour le beurre et l'huile et il est aussi utilisé sur les emballages de magarine. Repérez par exemple les illustrations montrant explicitement du lait pour éviter d'acheter de la margarine sans le vouloir...
* Quelques exemples de produits alimentaires qu’il est difficile voire impossible de trouver ici :
- jambon (on trouve facilement du porc mais pas de jambon, même pas du jambon de dinde)
- haricots verts (du moins pas ceux qu’on mange en général en France)
- jus d’orange ou de pamplemousse 100% pur jus (seul le pamplemousse de la marque Bulko mérite notre attention)
15 décembre 2008
À MON TOUR !
La poterie est un des arts les plus prolifiques de l'histoire de l'Ouzbékistan. C'est aussi l'une des passions de Marion, notre amie professeure qui vit ici depuis plus de deux ans maintenant. Evidemment, elle a ses contacts ! Et quels contacts... Rien de
moins que les Rakhimov père et fils. Le grand-père, Mukhitdin, a quitté ce monde en 1985 après une vie bien remplie à faire ressurgir cet art ancestral, à travers ses recherches techniques, artistiques et historiques qui l'avaient conduit à créer une encyclopédie de la céramique ouzbèke. Son fils donc, Akbar, a repris le flambeau en créant une école de poterie, et son petit-fils, Alisher prend aussi la relève.
C'est donc cette école qu'on était allé visiter au début de notre aventure ouzbèke - quand le soleil nous réchauffait encore ! Et c'est dans ce lieu paradisiaque, avec un accueil formidable, que j'ai voulu me lancer un défi créatif, accompagnant Marion à ses cours de poterie avec Alisher... mais aussi Nakissa et Frédérique, elles aussi embarquées dans cette apprentissage.
Evidemment ce n'est pas de sitôt qu'on atteindra le niveau exceptionnel des Rakhimov (je vous laisse juger avec la reproduction ci-contre d'une de mes préférées).
Pas question non plus de maîtriser le tour du premier coup. Mais cette initiation était une occasion de s'évader et de créer que je n'ai pas hésité à saisir. Même si ce n'était pas a priori l'art qui m'attirait le plus, c'était enfin une occasion d'apprendre quelques techniques artistiques !
Et quelles techniques ! Entre le tour et la décoration, il y a une impressionnante diversité de techniques... et de patience à acquérir !
Pour "admirer" mes modestes créations, je vous redirige vers mon autre blog, où je compile tout ce que j'ai fait de plus ou moins créatif. Pour mon musée virtuel de poterie, c'est donc ici !
12 décembre 2008
LÀ OÙ LA MER S'EST ENFUIE
,
20 octobre 2008. Ce jour-là, je réalise un vieux rêve. Un rêve difficilement compréhensible pour certains - et notamment pour les Ouzbeks qui nous demandaient toujours ce qui pouvait bien nous intéresser là-bas ! Cela n'a, il est vrai, pas l'allure d'un rêve au sens féérique du terme. Plus qu'un rêve, c'était pour moi une fascination, une réalité qui m'intriguait. Ce rêve ? Le cimetière de bateaux de Moynaq qu'a laissé l'Aral en se retirant. Cet endroit me hantait depuis longtemps. Y être enfin fut à la hauteur de cette attente.
Après avoir traversé Moynaq, le taxi s'est arrêté à côté d'un parking (oui, à côté, pas directement sur le parking pourtant prévu pour les rares curieux qui s'aventurent jusque-là !), au bord d'une petite falaise qui domine un désert à perte de vue. En contre-bas, ils sont là. Ces monstres de rouille qui indiquent qu'il ne s'agit pas d'un désert comme les autres. Ces vestiges de la prospérité des pêcheurs karakalpaks, anéantie en moins de 30 ans.
La mer, celle qui était leur raison d'être, n'apparaît même plus à l'horizon. Elle continue de fuir, à plus de 100km de là.
Nous sommes là, ébahis et bouleversés, perchés sur cette falaise qui n'en était pas une il y a quelques décennies. En 1960 depuis le même emplacement, nous aurions peut-être senti les embruns provenant de la surface
maritime toute proche. Nous aurions entendu les clameurs des pêcheurs, le grincement
des mats et le rire des oiseaux en quête de déchets poissonneux.
Aujourd’hui, ce n’est que
vent sec et silence. Aujourd'hui, les embarcations ne sont plus à notre hauteur. Il faut emprunter un escalier pour les rejoindre quelques mètres plus bas.
Les carcasses trônent, majestueuses malgré elles, sur des vagues de sable immobiles. Si l'on prête l'oreille, pourrait-on entendre des fantômes ? Sans aller jusqu'à de telles hallucinations, ces bateaux prennent des allures de bêtes de métal, brûlées par le temps.
Les hublots sont tels des yeux vides, noyés par le chagrin, et les proues des becs usés. A défaut de voguer sur les mers, ces navires deviennent d'immenses squelettes d'oiseaux échoués, dont les ailes se seraient évaporées avec l'Aral. Sur leurs flancs, la corrosion mélange les tons rougeâtres et ronge la surface, dessinant des formes entrelacées parmi lesquelles l'imagination peut se perdre, comme celle d'un enfant qui scrute les nuages. Un trou dans l'ossature et voilà que l'esprit croit y voir une carte de l'Ouzbékistan qui se mute en dauphin !
La gorge parfois serrée par l'émotion, nous passons quelques heures à sillonner entre ces vaisseaux qui portent la mémoire d'une triste histoire. Nos pieds s'enfoncent parmi les dunes et heurtent de temps en temps quelques coquillages*. Nous nous risquons à grimper sur certains esquifs et nous sourions à l'idée que des enfants y jouent, sans doute inconscients de l'ampleur du désastre qui a créé cet atypique terrain de jeu.
Et puis il faut bien finir par partir, abandonner cette exploration, lui laisser une place à part dans un coin de mémoire. Nous voilà de nouveau là-haut à dominer cette nécropole portuaire depuis ce littoral disparu. Les bateaux sont si petits d'ici (surtout quand on les a connus de près), comme écrasés devant l'immensité aride dont ils marquent une limite. Alignés ainsi, on dirait qu'ils attendent un top départ pour une course qui ne viendra jamais. La course, ils l'ont perdue depuis longtemps. L'Aral est même trop rapide pour les hommes qui voudraient la sauver.
L'homme en est donc réduit à laisser s'échapper cette ancienne beauté maritime, à lui dédier
quelques mémoriaux (comme cette salle de Moynaq qui sert de musée à la gloire de l'ancienne prospérité) et à se contenter de solutions de remplacement : les Kazakhs ont construit une digue pour reconstituer une petite mer d'Aral, les Karakalpaks de Moynaq s'accommodent d'un modeste lac, bien trop maigre et trop pollué pour que leur survie redevienne une vie.
*Certains guides touristiques décrivent l'endroit avec un sol craquant à cause des coquillages et du sel. Il est fort probable qu'ils n'aient jamais mis les pieds ici, qu'ils aient écrit leurs lignes en regardant Thalassa et en lisant des récits sur d'autres contrées de l'Aral. Car dans le cimetière de bateaux de Moynaq, ce n'est que du sable et la densité de coquillages n'est pas suffisante pour entendre des craquements sous les chaussures. Le sel, quant à lui, se retrouve plus loin vers l'intérieur, là où on retrouve aussi, ça et là, d'autres bateaux échoués. A Moynaq, c'était le littoral. La quantité de sel déposée sur le sol s'est donc accrue progressivement avec la distance, au fur et à mesure que le taux de salinité augmentait dramatiquement...














