IMG_3883Sur un parking de la ville de Gazalkent, une vieille Lada Jigouli attend que son moteur soit assez chaud pour partir. Au volant, un Ouzbek et sa chapka en fourrure. Ses passagers, deux Français avec des manteaux de ski. Quelques kilomètres plus loin, les deux Français commencent à avoir plus chaud que le moteur alors que, dehors, le paysage a blanchi.IMG_3889

La route est plus ou moins enneigée mais la Jigouli n'en a que faire et continue de grimper. De toute façon, si elle a un problème, il y aura toujours les loueurs de chaînes, répartis ça et là le long de la route pour gagner quelques soums en se portant à la rescousse des véhicules qui patinent. Mais la Jigouli n'a pas ce problèmeIMG_4046, aussi vieille soit-elle, et double tout ce qui lui passe sous la dent. A la place du mort, le siège bouge, ne tenant que grâce à un système D d'attache avec des fils électriques de récupération - les Ouzbeks sont tous des MacGyver en herbe.

IMG_3896Et voilà que la destination convoitée est à portée de pneu, nous accueillant avec un splendide Père Noël qui clame "Welcome" sur un panneau publicitaire. Voilà Tchimgan, la station de ski populaire de l'Ouzbékistan. Les deux Français payent leurs 10 000 soums au chauffeur et sortent de la Jigouli pour s'imprégner immédiatement de quelques odeurs de fumée - un vendeur de chachliks (brochettes ouzbèkes). Au pied de la première piste, c'est l'effervescence mais aucun ski ou presque à l'horizon: ici c'est une piste de lugeIMG_3906 (en guise de luge, ce sont surtout des matelas empaquetés dans du plastique), de promenades dans la neige, de bagarre dans la neige, de pique-nique dans la neige, de vodka ou bière dans la neige, bref de tout ce que les Ouzbeks peuvent trouver à faire dans la neige. Et il y a un télésiège, 3000 soums la montée, ski et luge interdits (en théorie...). Va pour 6000 soums donc, histoire de profiter du panorama.

IMG_3973Au bout du télésiège, une vue magnifique sur les environs... et une concentration d'Ouzbeks, de Russes et de quelques touristes étrangers (quelques Japonais apparemment),IMG_3976 qui se prennent en photo les uns les autres, devant ce beau paysage mais aussi sur la structure rouillée de l'arrivée du télésiège et, surtout, le long d'une barrière couverte de morceaux de tissu, que chacun noue pour qu'un vœu soit exaucé. Les Français aussi prennent des photos mais n'accrochent pas de tissu - non pas qu'ils n'aient aucun vœu à faire mais aucun morceau de tissu n'est à leur disposition...IMG_3995 La descente peut se faire aussi avec le télésiège mais c'est tellement plus marrant d'opter pour la piste à pied, de s'enfoncer dans la neige, de glisser sur la neige, bref de faire tout ce que les Ouzbeks font plus bas dans la neige.

Plus loin, une véritable piste de ski. Une vraie piste bleue sans panneau bleu, pleine de débutants à chapka et de moins débutants qui n'ont de toute façon pas trop le choix des IMG_4033pistes. Une vraie piste accessible par tire-fesses - d'un genre que les Français ne connaissaient pas, où l'on peut monter à deux, assis sur une sorte de barre en fer tirée par une corde. Au pied de la piste, des locations de ski et snowboard, organisées en plein air au milieu des IMG_4036stands de nourriture. Un véritable petit bazar version station de ski. Et comme toute station de ski qui se respecte, une terrasse accueille les affamés et les assoiffés, pour une petite séance de chachliks et de thé.

Le tour de la station étant relativement rapide, les deux Français s'en vont se balader dans la petite ville, peut-être même descendre jusqu'au lac qu'ils ont aperçu du haut IMG_4041du télésiège. Cette petite ville a plutôt l'air cossu, vu l'aspect de certaines maisons (en tout cas plus que le petit village tadjik que les deux Français ont visité à l'automne et dont ils n'ont toujours pas parlé sur leur blog...). Cette petite ville a aussi plutôt l'air étalé puisque le lac ne sera finalement vu que de loin ! Les deux Français remontent, IMG_4064pensant que leurs émotions du jour touchent à leur fin et qu'ils s'en vont reprendre un taxi pour revenir sur Tachkent via Gazalkent.

C'est sans compter sur les activités proposées au cœur de la station: au beau milieu de la route, on peut louer des quads ou des chevaux fougueuxIMG_4050 et s'y adonner avec excès. Ce sont donc des dizaines d'Ouzbeks en furie (sûrement imprégnés d'alcool pour certains) qui s'éclatent, les uns roulant et dérapant à tout vitesse au milieu des voitures et des piétons, les autres cravachant leurs chevaux comme si leur vie en dépendait. Une telle anarchie ne peut que provoquer des accidents, n'est-ce pas ? Nos deux Français ne seront pas seulement témoins de l'accident du jour... ils en seront acteurs ! Un cheval au galop, un idiot sur la selle et voici une Aurélie par terre, renversée par la vitesse du coup mais amortie par la neigeIMG_3934 et la flaque dans laquelle elle s'affale. Plus de peur que de mal puisque le cheval l'a heurtée sur le côté. Mais une inquiétude réelle au moment des faits, et une intense colère envers ce cavalier fou et lâche, incapable de faire demi-tour pour s'excuser.

Aurélie trempée, Raphaël énervé, mais le pire a été évité et ils finissent par en rire. Il IMG_3962est temps de quitter cet endroit. Un nouveau taxi, un chauffeur à la conduite un peu trop hâtive (comme si les émotions de fin de journée ne suffisaient pas !) mais nos deux Français sont finalement ravis de leur escapade dans le frais. La prochaine fois, ils penseront quand même à apporter un bout de tissu pour les protéger, on ne sait jamais...