Who's bek ? - deux Français en Ouzbékistan

Quand un couple de Français décide de passer une année de leur vie en Ouzbékistan, ça ne peut qu'engendrer récits, anecdotes, impressions et coups de cœur en tout genre... Et encore plus si on y ajoute leurs voyages en Inde effectués depuis Tachkent !

21 février 2009

L'AFRIQUE DU SUD S'ÉLOIGNE DE L'OUZBÉKISTAN !

49_Le_retour_du_tifoLes sports de combat sont sans doute les sports dans lesquels les sportifs ouzbeks réussissent le plus à haut niveau: 4 de leurs 6 médailles aux JO de Pékin ont été obtenues par des lutteurs ou judokas, il existe même une forme de lutte traditionnelle originaire du pays (le kourach) et on pourrait presque inclure aussi les bouzkachis (une sorte de polo rudimentaire avec carcasse de mouton ou de veau!) dans les sports de combat... Mais l'un des sports les plus populaires dans le pays est d'une originalité très ouzbèke: le football ! Il faut dire que le pays est le 6ème meilleur pays d'Asie au classement de la FIFA, soit une 72ème place mondiale actuelle (sur 207 équipes), c'est dire le niveau !

29_fans_ouzbeksToujours est-il que l'équipe nationale, grâce à des résultats prometteurs les années précédentes, pouvait prétendre à jouer les trouble-fête dans leur groupe de qualification pour la Coupe du monde de 2010 (qui se déroulera en Afrique du Sud), malgré la présence de deux poids lourds de la zone : le Japon... et l'Australie, dont la présence en Asie est bien plus contestable que celle de la Turquie en Europe mais il va falloir s'y faire, la FIFA en a décidé ainsi. Mais c'était sans compter sur les équipes du Qatar et du Bahreïn, ces puissances footballistiques qui feraient à peine trembler un club de Ligue 2 française...

Un mercredi après-midi de février, 37_Supporters_ouzb_ko_fran_aisTachkent accueille justement le Bahreïn  pour l'un de ces matches à grand enjeu, l'un de ces moments forts de l'histoire du sport. Évidemment, évènement exceptionnel oblige, il faut se permettre un sacrifice financier pour s'offrir le privilège de vivre cela dans le stade : entre 2500 et 3500 soums (ce qui, je le rappelle pour ceux qui n'ont pas le taux de change en tête, vaut entre 1,25 et 1,75 euros). Autant dire qu'avec ce tarif exorbitant, le stade n'est pas tout à fait plein ! Il n'en faut donc pas moins pour permettre à cinq Français de se noyer dans la foule, approchant sans doute le nombre faramineux des supporters bahreïnis qui ont fait le déplacement.7_hooligans

L'arrivée au stade Pakhtakor fait parti du spectacle tant c'est fabuleux de voir tous ces Ouzbeks réunis, avec cette attention toute particulière dans le costume : ici, les couleurs nationales sont celles que l'on porte tous les jours, le noir et le marron avant tout, pas trop de folies dans les couleurs ! T5_Les_baray_en_guise_de_trompettesrès pratique, on imagine, pour retrouver quelqu'un dans la foule - il suffit d'indiquer qu'on est habillé pareil que les autres et on est sûr de profiter du match sans ses amis... Ceci dit, il y a bien quelques "ultras", quelques originaux avec des drapeaux, des écharpes et des bandeaux sur la tête, et même deux instruments de musique en guise de cornes de brume. Et puis il y a ces supporters étranges : des hommes en tenues vertes et képis, avec des matraques et des chiens. Des supporters étranges mais très nombreux !8_La_caisse

Après avoir acheté nos billets dans un guichet en forme de boule de Noël bleue, on se dirige vers les grilles, nos précieux sésames à la main. On y trouve un amas d'une cinquantaine de spectateurs ouzbeks se bousculant et criant (il faut préciser que les Ouzbeks savent encore moins respecter les files d'attente que les Français...),2_Des_supporters_hauts_en_couleur  spectateurs que les supporters à képi font passer au compte-goutte. Pas le choix: obligés de passer par cette marée humaine et tumultueuse et de se faire compresser. On essaie sur la gauche. Un chien passe près de nous, l'air excité mais une muselière au museau. La grille s'entrouvre, les spectateurs s'engouffrent tels un torrent entre deux rochers serrés : on risque l'inondation ! Les supporters en képi ne trouvent alors rien de mieux à faire que de braquer leurs matraques au-dessus de leurs têtes au lieu d'ouvrir la grille en grand. Fort 9_Le_stade_est_d_caiss_heureusement, les matraques sont du côté droit, on a bien fait de passer sur la gauche. La grille se referme, ça gueule de partout (y compris chez les supporters à képi), puis la grille s'entrouve à nouveau et c'est le même scénario. Les supporters à képi qui se trouvent près de nous semblent quand même comprendre qu'on n'est pas du coin et on franchit enfin la grille sans trop d'encombres, grille qui se referme derrière nous évidemment ! Tout semble plus calme de l'autre côté et on se relâche. Je suis donc vulnérable pour cet autre chien excité mais sans muselière, qui me saute dessus et me mord le bras. Je n'ai pas le temps d'avoir peur que l'incident est déjà clos : le supporter à képi a tiré sur la laisse et tourne la tête comme si de rien n'était,51Le_public_a_la_mi_temps je regarde mon bras et vois du sang sur mon blouson mais ce n'est pas le mien (celui d'un autre spectateur qui n'avait pas la chance d'avoir un gros blouson?). Mon bras est douloureux mais le blouson est intact donc rien de grave. Quatre jours après le cheval qui a renversé Aurélie, les animaux continuent de s'acharner sur nous...

17_des_flics_partoutEnfin, voilà le stade Pakhtakor ("ramasseur de coton" en ouzbek), celui d'un des principaux clubs du pays. Pas d'architecture imposante puisqu'il est creusé dans le sol (peut-être une technique antisismique?). On y entre donc par le haut. Les supporters à képi sont encore plus nombreux qu'à l'extérieur, postés aux premiers et derniers rangs ainsi que dans les escaliers. Des lignes de vert foncé se dessinent ainsi, discrètement, dans la masse sombre des gradins. Le stade est plutôt calme, hormis un pan de tribune où est réuni l'essentiel des spectateurs à drapeaux et écharpes, d'où finit par partir une ola. 32_Vendeuse_de_pop_cornLes femmes sont rares : à part la vendeuses de pop-corn, on n'en aperçoit que trois parmi les spectateurs, cinq si on compte Aurélie et Frédérique.

22_hymnes_nationauxAprès les hymnes nationaux, le match peut enfin commencer. Les locaux sont en blanc, les visiteurs en rouge. Le niveau global est brouillon et la première mi-temps est relativement ennuyeuse, à part la bonne humeur que provoque la vision des joueurs qui tentent des prouesses qu'ils ne maîtrisent pas ! La deuxième mi-temps est un peu plus mouvementée. Les rouges s'approchent très rarement des cages ouzbèkes mais les blancs ont plus d'occasions. Pourtant, les joueurs ouzbeks ratent l'immanquable à de nombreuses reprises. 54_Chaud_le_corner_ouzbekOn s'achemine progressivement vers un décevant score vierge quand survient la catastrophe : un coup franc bahreïni bien placé donne la victoire au petit royaume du Golfe dans la dernière minute des arrêts de jeu. On craint les débordements malgré la présence des supporters à képi mais tout reste calme (juste un petit fumigène près de la tribune des "ultras").63_Bahrein_se_f_licite_a_la_fin_du_match De nombreux supporters prennent même le destin de leur équipe avec le sourire, se contentant de manifester leur déception en réduisant leurs billets à l'état de confettis, ce qui donne paradoxalement une vague et furtive ambiance de fête à cette fin de match. La sortie du stade se passe sans encombre (de nombreux spectateurs sont déjà partis durant les dix dernières minutes du match!).  Pas de chien sans muselière à l'horizon, grilles ouvertes entièrement, supporters très calmes (abattus?). L'Ouzbékistan peut dire adieu à l'Afrique du Sud après cette troisième défaite en quatre matches dans leur groupe...62_But_de_derni_re_minute

Ce n'est que plus tard que je prends connaissance du risque réel d'émeute qu'il y avait pendant ce match (et peut-être la raison du nombre démesuré des supporters à képi).  L'Ouzbékistan avait déjà perdu contre le Bahreïn lors des premiers quarts de finale de son histoire en Coupe d'Asie des nations en 2004 et, surtout, lors des qualifications pour la Coupe du monde 2006, qui avaient provoqué quelques débordements. Le Bahreïn avait en effet empêché l'Ouzbékistan d'atteindre le match de barrage, à la suite d'une rencontre que l'Ouzbékistan avait gagnée mais qui avait été injustement rejouée pour cause de problèmes d'arbitrage. Le Bahreïn serait-il maudit pour l'Ouzbékistan ?

Posté par jraf3615 à 10:19 - Vivre en Ouzbékistan - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,


08 février 2009

PRENDRE LE FRAIS ET EN AVOIR POUR SES FRAIS

IMG_3883Sur un parking de la ville de Gazalkent, une vieille Lada Jigouli attend que son moteur soit assez chaud pour partir. Au volant, un Ouzbek et sa chapka en fourrure. Ses passagers, deux Français avec des manteaux de ski. Quelques kilomètres plus loin, les deux Français commencent à avoir plus chaud que le moteur alors que, dehors, le paysage a blanchi.IMG_3889

La route est plus ou moins enneigée mais la Jigouli n'en a que faire et continue de grimper. De toute façon, si elle a un problème, il y aura toujours les loueurs de chaînes, répartis ça et là le long de la route pour gagner quelques soums en se portant à la rescousse des véhicules qui patinent. Mais la Jigouli n'a pas ce problèmeIMG_4046, aussi vieille soit-elle, et double tout ce qui lui passe sous la dent. A la place du mort, le siège bouge, ne tenant que grâce à un système D d'attache avec des fils électriques de récupération - les Ouzbeks sont tous des MacGyver en herbe.

IMG_3896Et voilà que la destination convoitée est à portée de pneu, nous accueillant avec un splendide Père Noël qui clame "Welcome" sur un panneau publicitaire. Voilà Tchimgan, la station de ski populaire de l'Ouzbékistan. Les deux Français payent leurs 10 000 soums au chauffeur et sortent de la Jigouli pour s'imprégner immédiatement de quelques odeurs de fumée - un vendeur de chachliks (brochettes ouzbèkes). Au pied de la première piste, c'est l'effervescence mais aucun ski ou presque à l'horizon: ici c'est une piste de lugeIMG_3906 (en guise de luge, ce sont surtout des matelas empaquetés dans du plastique), de promenades dans la neige, de bagarre dans la neige, de pique-nique dans la neige, de vodka ou bière dans la neige, bref de tout ce que les Ouzbeks peuvent trouver à faire dans la neige. Et il y a un télésiège, 3000 soums la montée, ski et luge interdits (en théorie...). Va pour 6000 soums donc, histoire de profiter du panorama.

IMG_3973Au bout du télésiège, une vue magnifique sur les environs... et une concentration d'Ouzbeks, de Russes et de quelques touristes étrangers (quelques Japonais apparemment),IMG_3976 qui se prennent en photo les uns les autres, devant ce beau paysage mais aussi sur la structure rouillée de l'arrivée du télésiège et, surtout, le long d'une barrière couverte de morceaux de tissu, que chacun noue pour qu'un vœu soit exaucé. Les Français aussi prennent des photos mais n'accrochent pas de tissu - non pas qu'ils n'aient aucun vœu à faire mais aucun morceau de tissu n'est à leur disposition...IMG_3995 La descente peut se faire aussi avec le télésiège mais c'est tellement plus marrant d'opter pour la piste à pied, de s'enfoncer dans la neige, de glisser sur la neige, bref de faire tout ce que les Ouzbeks font plus bas dans la neige.

Plus loin, une véritable piste de ski. Une vraie piste bleue sans panneau bleu, pleine de débutants à chapka et de moins débutants qui n'ont de toute façon pas trop le choix des IMG_4033pistes. Une vraie piste accessible par tire-fesses - d'un genre que les Français ne connaissaient pas, où l'on peut monter à deux, assis sur une sorte de barre en fer tirée par une corde. Au pied de la piste, des locations de ski et snowboard, organisées en plein air au milieu des IMG_4036stands de nourriture. Un véritable petit bazar version station de ski. Et comme toute station de ski qui se respecte, une terrasse accueille les affamés et les assoiffés, pour une petite séance de chachliks et de thé.

Le tour de la station étant relativement rapide, les deux Français s'en vont se balader dans la petite ville, peut-être même descendre jusqu'au lac qu'ils ont aperçu du haut IMG_4041du télésiège. Cette petite ville a plutôt l'air cossu, vu l'aspect de certaines maisons (en tout cas plus que le petit village tadjik que les deux Français ont visité à l'automne et dont ils n'ont toujours pas parlé sur leur blog...). Cette petite ville a aussi plutôt l'air étalé puisque le lac ne sera finalement vu que de loin ! Les deux Français remontent, IMG_4064pensant que leurs émotions du jour touchent à leur fin et qu'ils s'en vont reprendre un taxi pour revenir sur Tachkent via Gazalkent.

C'est sans compter sur les activités proposées au cœur de la station: au beau milieu de la route, on peut louer des quads ou des chevaux fougueuxIMG_4050 et s'y adonner avec excès. Ce sont donc des dizaines d'Ouzbeks en furie (sûrement imprégnés d'alcool pour certains) qui s'éclatent, les uns roulant et dérapant à tout vitesse au milieu des voitures et des piétons, les autres cravachant leurs chevaux comme si leur vie en dépendait. Une telle anarchie ne peut que provoquer des accidents, n'est-ce pas ? Nos deux Français ne seront pas seulement témoins de l'accident du jour... ils en seront acteurs ! Un cheval au galop, un idiot sur la selle et voici une Aurélie par terre, renversée par la vitesse du coup mais amortie par la neigeIMG_3934 et la flaque dans laquelle elle s'affale. Plus de peur que de mal puisque le cheval l'a heurtée sur le côté. Mais une inquiétude réelle au moment des faits, et une intense colère envers ce cavalier fou et lâche, incapable de faire demi-tour pour s'excuser.

Aurélie trempée, Raphaël énervé, mais le pire a été évité et ils finissent par en rire. Il IMG_3962est temps de quitter cet endroit. Un nouveau taxi, un chauffeur à la conduite un peu trop hâtive (comme si les émotions de fin de journée ne suffisaient pas !) mais nos deux Français sont finalement ravis de leur escapade dans le frais. La prochaine fois, ils penseront quand même à apporter un bout de tissu pour les protéger, on ne sait jamais...

Posté par jraf3615 à 04:31 - A travers l'Ouzbékistan - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07 février 2009

TRUCS ET ASTUCES : TRANSPORTS ET CIRCULATION

Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques suivantes sont d'actualité.


Taxi

Pas besoin d’attendre un « vrai » taxi car ils sont difficiles à repérer (pas forcément d'indication spécifique sur le toit mais un simple papier sur le pare-brise pour montrer qu'ils sont théoriquement taxis). Il suffit de se poster au bord de la route et de tendre le bras (parfois ça marche même sans lever le bras !) et il y aura toujours des voitures qui s’arrêteront (même ceux qui n'ont pas le "papier" sur le pare-brise). A vous, ensuite, de préciser votre destination et de négocier le prix à l’avance. On se déplace n'importe où dans Tachkent pour 1000 à 5000 soums selon le trajet (la plupart du temps c'est même entre 1500 et 3000).


Marchroutnoïe (minibus)

L'une des meilleures façon de voyager en Ouzbékistan, ce sont les marchroutnoïe (au singulier marchroutka), c'est-à-dire des minibus (ou taxis collectifs, ça dépend du point de vue!) où il est garanti d'avoir une place assise et bon marché. Il y en a partout et chacun indique les deux terminus reliés (et souvent un numéro de ligne). Tout comme les taxis, on peut leur faire signe pour qu'ils s'arrêtent, ou alors il faut trouver leur terminus.

Voilà quelques marchroutnoïe intéressants (liste à compléter):

* à Tachkent :
- 55 depuis Maxime Gorki (Buyuk Ipak Yoli), en direction de Quyluk (marché) et en passant par le marché aux puces de Tizi Kofka (ou Yangui Abad)
- 550 depuis Maxime Gorki (Buyuk Ipak Yoli), en direction de Gazalkent, d'où on peut ensuite rejoindre la station de ski de Tchimgan

* à Samarcande :
- 78 entre la gare et le Reghistan (en passant près du Gour Emir aussi)

* à Boukhara :
- 68 entre la gare et la vieille ville (côté Liab-i Khaouz)

* à Termez :
- 11 entre la route qui passe devant l'aéroport et le centre
- 16 entre le centre (il passe notamment devant l'hôtel Surkhan) et la gare routière


Métro (Tachkent)

Il n’existe que trois lignes dont une (la verte) qui n’est pas entièrement finie. On ne trouve pas toujours de plan à l'intérieur des stations de métro mais plus régulièrement dans les rames. Comme le réseau n'est pas très compliqué, il suffit généralement de mémoriser votre trajet ou d'imprimer un plan depuis internet (ou photographier le plan quand vous en voyez un mais attention, il est interdit de prendre des photos à l'intérieur du métro!). A part ça, les stations sont relativement jolies et propres et les rames sont correctes et relativement régulières (toutes les 6 à 12 minutes selon les heures de la journée). Prenez un jeton aux guichets pour 400 soums (prix de mai 2009).


Tramway (Tachkent)

Il y a un grand nombre de lignes… mais pas moyen de trouver un plan ! Bon courage, donc. C'est un moyen de transport plutôt lent mais c’est sympa et pittoresque ! Montez et un contrôleur passera vous vendre le billet (même prix que le métro). Vous devrez payer à nouveau si vous changez de ligne.

On peut seulement conseiller la ligne 13, qui passe par certains points stratégiques ou utiles : la gare ferroviaire (et accessoirement le musée des chemins de fer), l'ambassade de France (s'arrêter à côté du bâtiment de la société O'zbekneftgaz, bien repérable avec ses grandes vitres) , l'ambassade d'Iran, ou encore Buyuk Ipak Yoli (terminus d'une ligne de métro et quartier de l'école française et de "nombreux" résidents étrangers).


Train

Il existe des liaisons entre Tachkent et les grandes villes comme Samarcande, Boukhara, Ourguentch et Noukous, et même avec l'étranger (Almaty ou Moscou par exemple), mais elles ne sont pas toutes quotidiennes donc se renseigner à l’avance… Attention obtenir des renseignements n’est pas toujours une mince affaire, même si on maîtrise la langue ! Et les prix peuvent varier d’un jour à l’autre pour un même trajet, pas forcément à la hausse.

La gare est accessible par métro et par tramway.


Avion

* Vols intérieurs : il existe de nombreux vols Uzbekistan Airways au sein du pays entre Tachkent et les grandes villes (Samarcande, Boukhara, Ourguentch, Noukous, Termez…) mais il convient de souligner qu'il y a régulièrement des annulations de dernière minute...

* Vols internationaux : comme pour le train, il est parfois très difficile de se renseigner car les informations diffèrent selon les agences de tourisme et selon les jours ! Par exemple, lorsque nous avions voulu préparer un voyage pour Bangkok trois mois à l’avance (que nous n'avons finalement pas fait d'ailleurs...), une agence nous avait dit que les réservations n’étaient pas encore ouvertes et une autre qu’il ne restait déjà plus que des places en classe business !!! D’après certains échos, ils sont aussi capables de vous dire qu’un vol est annulé (ou qu’il n’existe pas) alors que le vol est bel et bien maintenu ! A l’instant où j’écris, il semble qu’il est donc préférable de trouver ses billets soi-même sur internet (soit sur des sites comme Easy Travel ou Last Minute, soit directement sur les sites des compagnies aériennes).

* Compagnies aériennes depuis/vers Tachkent :
- très satisfaits de Turkish Airways avec lesquels nous avons voyagé pour l’aller Lyon-Istanbul-Tachkent. Le service est impeccable, le repas est tout à fait correct… et leurs cache-œils sont les plus épais (donc les plus efficaces) qu’on connaisse ! Seuls bémols : le petit écran individuel n’est pas toujours de bonne qualité (et pas de possibilité de commencer un film quand on le souhaite) et l’escale à Istanbul peut être relativement longue.

- nous avons expérimenté Uzbekistan Airlines pour aller à Koweit et en Inde et on a eu un bilan mitigé d'un point de vue de l'avion lui-même (en général un peu vieillot) et de la nourriture (généralement très grasse). Le service, par contre, était de bonne qualité. Pour les liaisons intérieures, à part les hôtesses, c'est un cran au-dessous...


Véhicule individuel

* Si vous arrivez à la frontière avec votre propre véhicule, il vous sera demandé (d'après ce qu'on nous a dit) de payer une taxe dont la valeur sera celle de votre véhicule ! Prévoyez donc de trouver un moyen de faire sous-évaluer votre véhicule avant de partir. Il semble toutefois possible (d'après ce que m'a dit un voyageur australien qui traversait le pays) de ne rien payer en créant une sorte de "passeport de voiture" (je ne connais pas le terme exact) qui vous engage à repartir du pays avec votre véhicule (se renseigner auprès des autorités de votre pays).

* Acheter un véhicule directement en Ouzbékistan est possible mais pas chose aisée! J'en dirai plus dès que j'en saurai plus... si j'en sais plus un jour! En tout cas il existe un marché aux voitures à Tachkent, y faire un tour vaut le coup même si on n'a pas l'intention d'acheter un véhicule !


Piétons

 

Pour traverser, attention ! Vous pouvez a priori traverser n’importe où, même en dehors des passages piétons mais il faut parfois bien calculer son coup. C’est peut-être encore plus dur aux passages piétons parce que les voitures sont juste à côté et on ne sait pas toujours à quel moment le feu piéton va passer au rouge (un indice tout de même : le feu pour les véhicules passe au orange avant de passer au vert… et les moteurs commencent déjà à ronfler). Ceci dit, même si c'est impressionnant, le danger est limité (et il y a des pays bien pires que l'Ouzbékistan pour ça!) et les conducteurs ne feront que vous klaxonner et éventuellement râler à cause de votre présence sur la chaussée! Aux grands carrefours de Tachkent, il y a aussi les passages souterrains (et entrées de métro), très pratiques et beaucoup plus salubres qu’en France.


Orientation (Tachkent)

S'orienter dans Tachkent n'est pas chose aisée pour quatre raisons majeures :

- Tous les quartiers se ressemblent plus ou moins avec leur architecture soviétique et leurs grandes avenues...

- C'est assez labyrinthique lorsqu'on s'engage dans les allées entre les immeubles ! (encore pire pour la vieille ville et ses culs-de-sac)

- Les noms de rue sont rarement affichées... et quand ils le sont, ce n'est pas toujours aux croisements donc il faut s'engager dans la rue avant de comprendre au bout de 20 mètres qu'on n'a pas pris la bonne rue !

- Il existe parfois deux noms aux rues, places ou quartiers (l'un datant de l'époque soviétique, l'autre plus récent, ouzbek) et les deux sont utilisés même si le nouveau nom est le seul affiché. Par exemple Buyuk Ipak Yoli est parfois plus connu sous le nom de Maxime Gorki, le marché aux puces Yangui Yabat sous le nom de Tizi Kofka, etc. Et il y a aussi quelques surnoms, notamment la rue Saligokh (dans le centre) que l'on appelle... Broadway !

Posté par jraf3615 à 11:44 - Trucs et astuces - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

25 janvier 2009

L'EMPIRE DES SENS ?

IMG_2834Non je ne vais pas vous parler du film dramatico-érotique de Nagisa Oshima mais bien de l'Inde, ce pays qui a attisé nos sens comme des braises ardentes. Car tous sont en éveil, parfois à l'extrême, dans cet État démesuré.

Premier d'entre les sens, celui que l'on excite le plus quand on part en voyage (du moins celui auquel on pense en premier), la vue en a plein elle-même au pays de Gandhi. Des couleurs à vous imprégner la cornée d'un arc-en-ciel perpétuel dont on ne se débarrasse pas si facilement après avoir quitté le pays. Une circulation à en faire tourbillonner les pupilles. IMG_2668Des sourires et des regards à vous faire pleurer d'émotion. Des divinités psychédéliques à vous plonger dans un bain infini de mythes et autres histoires délirantes. Des hordes de pèlerins, en robes et chemises de rouges et or, qui vont et qui viennent autour des lieux de culte. Des visions anachroniques qui vous font perdre tout sens de l'époque où vous vivez. Et un appareil photo surchauffé qui clique et clique à tous les mètres, affolé par tant de clichés alléchants.

IMG_2649Mais la vue n'a pas le privilège d'être le seul sens à l'honneur. L'ouïe non plus ne sait pas où donner de la tête. D'abord harcelées par les moteurs, les klaxons et les rabatteurs en tout genre ("You need a taxi Madam? Where do you go?"), perturbées aussi par la concentration nécessaire pour comprendre les accents indiens ("Attends... il me parle en anglais ou en tamoul?!!"), les oreilles finissent par comprendre que ce brouhaha permanent est une expérience sensorielle et culturelle IMG_2134fascinante. Elles s'imprègnent alors de cette atmosphère, cherchent à dépasser la capharnaüm sonore, furètent dans tous les coins pour déceler un bruit inédit. Parfois un "bruit qui pense" (définition de la musique selon Victor Hugo...), ou une simple cloche actionnée devant un temple. Parfois des rires d'enfants, ou un bêlement de chèvre en pleine ville. Parfois aussi un calme relatif, à l'intérieur d'un temple, en haut d'une colline, dans les rues nocturnes du vieux Pondicherry... Parfois aussi le doux son de cet océan qui porte le nom du pays.

IMG_2952Et que dire du goût ? Comment ne pas l'exposer à l'extrême dans un pays qui raffole tant des épices ? La langue brûle, la gorge aussi, les yeux en pleurent. L'aspect gustatif n'est pas toujours le plus satisfait mais les zygomatiques en sont toutes retournées, excitées par cette incapacité flagrante à supporter les coutumes gastronomiques locales ! Heureusement pour la langue, tout ne se limite pas aux épices insoutenables. Les papilles délaissent leur expérience de pompier volontaire IMG_2284lorsqu'il s'agit de profiter de la saveur des fruits ou du délice des poissons et fruits de mer (choses que deux Ouzbeks d'adoption n'ont pas mangées depuis longtemps dans leur pays enclavé !). Et pourquoi se priverait-on d'une gastronomie hybride d'inspiration française quand on passe par l'ancien comptoir de Pondicherry ? Pour rien au monde évidemment...

IMG_2069Quatrième sur la liste, l'odorat vacille et oscille, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur dans les senteurs d'épices ou dans l'air iodée du littoral. Le pire dans les effluves d'égouts et d'ordure qui peuvent sauter au nez sans prévenir. Avec cette dérangeante constatation : la pauvreté se sent ! Elle se sent autant (sinon plus) qu'elle ne se voit, dans la crasse et la pollution, dans cette eau dégueulasse qui coule dans les centre-villes et où les plus pauvres se "lavent" !

IMG_2871Et puis il y a le toucher, dont le bilan est sans doute moins évident. Ce sens est pourtant lui aussi très sollicité, ne serait-ce que par les démangeaisons des moustiques. Mais ces bestioles ne sont pas les seules à mettre l'épiderme à contribution. Que dire des inombrables mendiant(e)s qui prennent les bras, caressent les épaules, effleurent les têtes, dans l'espoir de soutirer quelques roupies en IMG_2864suscitant soit la compassion soit le dégoût provoqué par leur saleté, leurs blessures, leurs pustules... De façon plus agréable, la peau est à l'honneur lorsqu'un front est orné d'un tilak, ou lorsqu'une main vient se glisser dans une autre (j'y reviendrai...).

Pour beaucoup, l'Inde ne se limite pas aux 5 sens traditionnels. Elle est le pays des expériences mystiques et spirituelles en tout genre, entre yoga et dérives sectaires. IMG_2533Peut-être est-ce nécessaire de trouver une manière de méditer pour ne pas sombrer dans la folie lorsqu'on vit ici parmi ces bruits et ces odeurs ? Toujours est-il que des millions d'êtres humains, indiens ou non, cherchent ici à repousser leurs limites, à chercher la voie d'un sixième sens, ou à satisfaire des délires ésotériques variés. Difficile de savoir où sont les limites de la folie. Si bien que la normalité n'a parfois plus aucun sens et que les sens perdent parfois leurs repères. Alors ? Plus aucun sens ou empire des sens ?

Posté par jraf3615 à 08:23 - Voyages en Inde - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 décembre 2008

JOYEUSES FÊTES DEPUIS PONDICHERRY !

Ce texte est tres court mais je ne pouvais passer a cote de cette occasion de souhaiter a tous un joyeux Noel depuis Pondicherry - et cela sans accent pour cause de clavier Qwerty... Cette ville est vraiment fascinante, tous nos sens sont en eveil, mon appareil photo est en surchauffe et nos porte-monnaie auraient bien envie d'etre sans fond.

Evidemment l apercu photographique sera pour plus tard. En attendant nous en profitons pleinement. Plus que pleinement meme puisque ce soir nous nous offrons une petite folie : un repas de Noel dans un resto franco-indien a 900 roupies (soit 17 euros environ, une vraie fortune quoi !). Et demain, je vais probablement arriver enfin a realiser ce reve de passer un Noel sous le soleil et sur une plage. Mais je croise quand meme les doigts parce que j'avais deja eu cette occasion une fois en Autralie et, comble de malchance, il avait fait un temps automnal, le Noel le plus froid depuis plus de 40 ans en Australie.

Bref, pour les details, vous attendrez un peu. Bises a tous et joyeux Noel !

Posté par jraf3615 à 14:57 - Voyages en Inde - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 décembre 2008

NOËL À TACHKENT

IMG_1691Ca y est, Noël approche ! Depuis hier nous sommes en vacances et ce soir nous serons dans l'avion, direction Delhi puis Madras (appelée Chennai depuis 1996 mais tout le monde ne s'y fait pas!) et Pondichéry. Les fêtes de fin d'année se passeront donc en Inde pour nous. Mais avant ça, un petit mot sur les festivités à Tachkent.

Même si les communautés russe (en majorité orthodoxe) et étrangère (en partie occidentale ou occidentalisée) sont relativement importantes dans la capitale, il est étonnant de voir autant de décorations de Noël, que ce soit dans le centre de la ville ou sur les stands IMG_1694des bazars qui vendent des guirlandes et des boules. En fait, Noël semble avoir un attrait important même pour les Ouzbeks, généralement musulmans. Peut-être est-ce à cause de tout ce brillant et de toutes ces couleurs que cette fête peut apporter ? Ou est-ce une façon symbolique de s'approcher de l'Occident avec cette fête somme toute très laïcisée de nos jours ? IMG_1696 Toujours est-il que la frénésie est là - évidemment pas autant qu'en France mais quand même. Dans la galerie marchande de Mir, on n'avait encore jamais vu autant d'effervescence, avec des distributions de prospectus (des pubs ? des promos ?) de la part d'une jeune fille affublée d'un chapeau de Noël, d'une autre jeune fille en tenue de Miss Noël (comprenez mini-jupe sexy et grandes bottes) ou encore d'un lapin bleu (au moins, cette personne cachait son ridicule derrière son costume). Le mieux, c'est sur la place Mustakillik, où ont IMG_1701été installés un immense sapin, de multiples décorations, des stands de friandises et de merdouilles en tout genre, des jeux pour enfants, etc. IMG_1709C'est là qu'on se rend compte qu'un minimum de choses peut égayer les Ouzbeks. C'en est presque émouvant de les voir si heureux et enthousiastes. Non pas qu'ils sont forcément malheureux le reste du temps mais on prend conscience - et peut-être eux-mêmes - qu'il manque quand même quelque chose dans leur vie pour qu'elle soit plus épanouie, un peu d'animation peut-être, un peu de fantaisie sûrement, un peu de modernité qui sait ?

IMG_1446Du coup, on s'est acheté un petit sapin en plastique (pour quelques milliers de soums), histoire de marquer le coup dans notre appartement. L'école aussi a marqué le coup en organisant, par la volonté des parents essentiellement, une petite fête avec spectacle des enfants (chants, théâtre...) et animation de Noël à la russe. En quoi consiste une animation de Noël à la russe, me direz-vous ? Deux personnes déguisées en Spiderman et en Blanche-Neige arrivent au milieu des enfants, en parlant (ou plutôt criant) en russe sur fond de musique techno ou hip-hop ou je ne sais quelle autre musique hors sujet. Puis Spiderman IMG_1497s'en va et revient en Père Noël bleu (Coca n'ayant pas contaminé l'ex-URSS j'imagine...) puis c'est au tour de Blanche-Neige de se transformer successivement en petite-fille du père Noël à la jupe argentée et en danseuse du ventre à la tenue transparente indécente qui tendrait à faire plus plaisir aux papas qu'à leurs enfants. Bref, voir le père Noël bleu danser le rap avec les enfants a quelque chose de pathétique... mais ici ça a l'air de plaire. C'est peut-être ça l'essentiel !

En tout cas, la neige est au rendez-vous (plus tardivement que d'habitude, paraît-il). Tachkent prend une toute autre allure sous ce manteau blanc. Aussi léger soit-il pour l'instant, il semble éclipser un peu l'urbanisme soviétique en cachant certaines imperfections et grossièretés architecturales. Le froid aussi commence à tenir ses promesses, en attendant les grosses températures négatives de janvier. Mais l'actualité, pour nous, c'est le soleil et la mer du sud indien. Carpe diem, comme disait l'autre...

Posté par jraf3615 à 05:11 - Vivre en Ouzbékistan - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 décembre 2008

À L'ASSAUT DES CITADELLES

Quittons Noukous pour Khiva. Saisissons cette occasion pour faire quelques haltes dans cette étendue aride. Quelques sauts dans le temps avec d'autres fantômes, bien plus anciens que les pêcheurs de la mer d'Aral. D'autres lieux qui attestent de la grandeur passée de cette Asie centrale aujourd'hui (trop) délaissée - noIMG_9325tamment ce pays des Karakalpaks. Ces vestiges d'un autre temps, c'est la quinzaine de "citadelles du désert" éparpillées dans le Khorezm antique.

Ce terme générique n'est toutefois pas très correct pour notre première visite : Chilpak (ou Chil'pyk). Au loin, se détache une forme qui rappelle étrangement les structures géologiques de Monument Valley ou, pour les cinéphiles, l'une des images les plus mythiques de Recontres du troisième type. IMG_9331Notre taxi quitte la route principale et s'enfonce en direction de la forme, empruntant un sentier à peine visible sur la terre poussiéreuse, slalomant entre les arbustes et plantes xérophiles. Au pied de la forme, il se dégage une atmosphère curieuse. Peut-être, une fois de plus, ce silence environnant, ce désert autour.

Chilpak est une ancienne "tour du silence" zoroastrienne (donc pas une citadelle), datant du début de notre ère. Il s'agit en fait d'un simple mur de terre décrivant un cercle au sommet d'une colline. Simple mur, certes, mais tout de même imposant, avec une hauteur maximale de 15 mètres. D'autant plus imposant qu'il domine une vaste plaine où les quelques collines ne lui font qu'une pâle concurrence. Nous grimpons et pénétrons dans ce temple par une étroite ouverture. IMG_9364Au centre du cercle, les fidèles de Zarathoustra laissaient leurs morts en pâture aux oiseaux charognards, puis récupéraient les restes osseux et les enterraient dans d'autres collines alentour.

Savoir ce qui se passait en ce lieu peut donc glacer le sang... Mais la vue d'ici est magnifique ! Avec leurs vestiges, les Zoroastriens nous permettent d'embrasser ce vaste paysage et d'avoir un autre aperçu de la situation écologique et économique de la région, avec, ce sel qui ronge la terre, ces arbres et ces champs qui ne peuvent s'éloigner guère du fleuve, et ces petites fermes archaïques ça et là. Encore une fois, la beauté des lieux nous rappellent aussi la rudesse des conditions locales. Mais nous ne pouvons nous empêcher de nous enthousiasmer devant cette palette automnale qui borde l'Amou-Daria, et de profiter de cette sensation de doux vertige depuis le haut de ces murs.

IMG_9401Après avoir repris la route, nous voici devant une autre citadelle du désert (une vraie cette fois), qui semble abandonnée au milieu des champs, tout près d'un village reculé. Kzil-Kala a l'allure d'un vieux fort en pisé, massif, d'une quinzaine de mètres de haut. De l'intérieur, il est clair que Kzil-Kala bénéficie de la sécheresse environnante car les sillons dans la terre attestent du danger que constituent les pluies pour la survie de cette forteresse. Les murs sont faits de briques non cuites qui ne résisteront pas des millénaires sans restauration. C'est déjà presque un miracle qu'ils aient autant survécu depuis les dernières reconstructions du fort à l'époque des invasions mongoles il y a déjà plus de 7 siècles - sans parler des conséquences des invasions elles-mêmes qui auraient pu conduire à son anéantissement total.

IMG_9451De l'autre côté du même village, s'étend l'un des plus beaux joyaux de cet ensemble de sites archéologiques khorezmiens : Toprak-Kala. De loin, l'aspect n'est pourtant pas aussi prometteur que Kzil-Kala ou Chilpak mais c'est ce qui rendra sa découverte d'autant plus impressionnante. Nous ne voyons d'abord qu'un long mur et une structure affaissée puis, après être entré par l'ouverture principale, une architecture IMG_9469rectangulaire, certes imposante mais toujours pas assez époustouflante par rapport à ce que nous pouvons attendre de Toprak-Kala si nous en croyons les guides. C'est en fait un vaste trompe-l'oeil puisqu'il suffit de continuer l'exploration, en s'engoufrant dans les ouvertures par exemple, pour se retrouver d'un seul coup au sommet d'un complexe immense et surprenant. Le grand rectangle par lequel on arrive ne constitue qu'une partie du palais, lui-même n'étant qu'une infime partie de l'ensemble de la forteresse que des remparts délimitent IMG_9478encore. Seul le palais subsiste puisque le reste des habitations a été réduit à l'état de morne plaine. Mais quel palais ! Un petit labirynthe de salle et de couloirs, aujourd'hui pour la plupart sans toit, et quelques rectangles plus vastes à l'emplacement d'une tour, d'un temple ou encore de la chambre royale. En quelques endroits, des cercles attestent la présence d'ornements... aujourd'hui transférés dans des musées russes ! PIC_0080En repartant, nous prenons aussi conscience que certains vestiges du village extérieur aux remparts et du système de canalisation restent encore visibles, non loin de là où nous étions rentrés. Notre regard évolue à la lumière de ce que nous avons admiré.

Nous reprenons la route, les yeux plein d'histoire malgré la maigreur des informations dont nous disposions pour appréhender ces vestiges. En route pour Khiva...

PIC_0059

 

Petite précision : ma batterie m'a lâché au mauvais moment... d'où la qualité relativement médiocre de la plupart des photos de Toprak-Kala, prises avec le petit camescope d'Aurélie.

Posté par jraf3615 à 07:51 - Karakalpakistan - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 décembre 2008

TRUCS ET ASTUCES : DIVERS

Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques suivantes sont d'actualité.


Enregistrement

* Il est obligatoire, en tant que non-Ouzbek, de se faire enregistrer auprès de l’OVIR, le service local d’immigration (ce qui est par ailleurs payant !) dès qu’on change de région/ville. Mais pour la majorité des personnes, ce sera fait par les hôtels (qui incluent apparemment les frais dans leurs prix) ou par le propriétaire de votre logement (avec parfois l'aide de votre employeur éventuel). Bonne chance à ceux qui doivent le faire eux-mêmes ! Ces enregistrements donneront lieu à des petits papiers qu'il faut impérativement conserver pour la douane au départ du pays (pour les résidents, ce sera carrément un tampon sur le passeport). Toutefois, il est possible d'avoir des "trous" durant la durée de votre voyage mais ceux-ci ne doivent pas excéder 3 jours consécutifs (gérez donc bien vos séjours chez l'habitant et vos voyages de nuit, qui ne donneront lieu à aucun papier de l'OVIR).

* Pour les Français qui viennent vivre (ne serait-ce que quelques mois) en Ouzbékistan, pensez aussi à vous inscrire sur le registre des Français à l’étranger, ce qui est utile en cas de problème. Il suffit de passer à l’ambassade (et ça c’est évidemment gratuit !). La petite carte que vous recevrez peut aussi servir à obtenir certains prix réduits dans des musées et monuments (en fait seuls les membres de l'ambassade y ont droit mais ça marche souvent car il y a le logo de l'ambassade sur la carte!).

Santé et hygiène

* Il est très déconseillé de boire l’eau du robinet, même à Tachkent. On peut toutefois la consommer après l'avoir fait bouillir (toutefois même cette technique est déconseillée au Karakalpakistan mais on a bu du thé là-bas et on n'est pas morts!). Achetez des bouteilles d’eau, voire des bidons de 5 litres… qui sont aussi utiles en cas de coupures d’eau (ça arrive).

* On trouve facilement en pharmacie du paracétamol, de l’ibuprofène, etc... Prononcez les noms des molécules, ils comprendront puisque ce sont les mêmes mots.

* A notre connaissance, il n'y a pas de poubelles collectives par immeuble mais par quartier. Explorez donc les rues voisines et vous repèrerez facilement quelques poubelles débordantes (notez que ce sont généralement les seules concentrations d'ordures puisque les rues sont relativement propres).

* Il est parfois possible de trouver des toilettes publiques, en général payantes aux alentours de 200 soums. Ca peut être utile! Vous en trouverez par exemple à Tachkent du côté du marché de Chorsu (plusieurs sont éparpillées dans le quartier) ou sous les cigognes de Mustakillik. A Samarcande, il y en a par exemple à côté de Gour Emir.

Langues

* Alphabet : l'ouzbek a officiellement abandonné le cyrillique pour l'alphabet latin turc, mais les noms de lieux sont encore très souvent écrits en cyrillique (notamment sur les bus et maxi-taxis), et on a encore beaucoup de choses écrites en russe, notamment à Tachkent (publicités par exemple).

* Ouzbek : pour ceux qui maîtriseraint le turc, il peut être possible de se faire comprendre car il existe de grandes similitudes entre les deux langues. Notez que la minorité russe ne parle en général pas l'ouzbek. Le kirghiz, le kazakh, le turkmène et le karakalpak sont aussi des langues turcophones, parlées par certaines minorités du pays.

* Russe : parlé par la grande majorité de la population urbaine, un peu moins dans les campagnes reculées. Une partie de la jeunesse ne sait pas non plus parler russe, langue progressivement délaissée par le système éducatif depuis l'indépendance au profit de l'ouzbek et des langues occidentales. Il est utile de prendre quelques leçons de base avant de partir (nous recommandons la méthode Assimil) et un petit guide de conversation (comme celui édité par Lonely Planet) peut s'avérer fort profitable !

* Tadjik : parlé par les minorités tadjiks dispersées dans le pays (notamment dans les monts Nouratine et au sud-est de Samarcande). Contrairement aux autres langues d'Asie centrale ex-soviétique, le tadjik est proche du persan, dont la maîtrise éventuelle peut donc vous aider !

* Anglais : relativement peu parlé mais on arrive à trouver quelques personnes qui le baragouinent (souvent très mal), surtout parmi les jeunes. L'anglais est toutefois de plus en plus étudié, notamment dans les villes touristiques importantes (surtout Boukhara).

* Français : très peu parlé! Ca reste tout de même (d'après certains échos) la deuxième langue étrangère enseignée après l'anglais (le russe n'étant pas tout à fait considéré comme une langue étrangère...) donc une bonne partie de la population connaîtra quelques mots de base (car l'enseignement qu'ils ont eu est souvent très très rudimentaire). Il y a toutefois une petite population de francophiles, notamment à Tachkent. On peut notamment les rencontrer dans les Centres culturels français (Tachkent, Samarcande, Boukhara).

Prises de courant et voltage

Les prises en Ouzbékistan sont exactement du même format qu'en France donc pas besoin d'adaptateur pour les Français. La seule différence, c'est qu'il n'y a jamais de prise de terre. Et c'est aussi du 200V et du 50Hz comme en France.

Posté par jraf3615 à 15:55 - Trucs et astuces - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

TRUCS ET ASTUCES : ACHATS ET ALIMENTATION

Comme tous les messages de la catégorie "Trucs et astuces", le texte suivant n'a pas pour but d'être passionnant! Il n'est a priori intéressant que pour les personnes qui souhaiteraient visiter l'Ouzbékistan ou venir y vivre. Ce texte peut donc évoluer au fur et à mesure des mises à jour. Sa date pourra être modifiée pour que les lecteurs intéressés puissent évaluer à quel point les remarques suivantes sont d'actualité.


Argent

* Ne comptez pas trop sur vos cartes bancaires en Ouzbékistan car il y a très très peu d'endroits où on peut retirer de l'argent et encore moins payer avec la carte. Je ne connais qu'un seul distributeur à Tachkent (non loin du magasin Mir, métro Mustaqillik). Il en existe apparemment quelques-uns dans les 3 hauts lieux touristiques (Samarcande, Boukhara, Khiva), parfois à l'intérieur des grands hôtels. Prévoyez plutôt d'arriver en Ouzbékistan avec de l'argent liquide (en euros ou en dollars).

* Vous remplirez, en arrivant à l'aéroport, un papier indiquant la somme que vous emmenez avec vous et les éventuels objets de valeur. Il faut remplir deux papiers identiques par personne, l'un que vous remettrez aux autorités ouzbeks, l'autre pour vous. Conservez impérativement ce papier, qui vous sera demandé à votre départ (même s'il s'agit d'un départ provisoire puisque vous complèterez un autre papier à votre retour). Attention, il n'est pas accepté de repartir avec plus d'argent liquide que ce que vous aviez en arrivant! Il ne vaut mieux pas essayer de tricher car les douaniers peuvent vérifier ce que vous indiquez, que ce soit à l'arrivée ou au départ (mais à choisir, il vaut peut-être mieux tenter de dire qu'on a plus d'argent que la réalité en arrivant). Ce genre de choses est très problématique pour ceux qui s'installent en Ouzbékistan et qui partent en voyage ailleurs puisque, évidemment, ces personnes devraient revenir avec moins d'argent à la fin de leur voyage!

* IMG_86781 € = 1800 soums environ (novembre 2008). Pour plus de facilité, considérez que 1000 soums valent environ 50 centimes d’Euros… ce qui correspond aux plus grosses coupures ! Prévoyez donc de gros porte-monnaie (mais vous pouvez en acheter des jolis sur place...) et habituez-vous à compter vos billets. Généralement, vous trouverez des billets de 1000, 500, 200, 100 et 50 soums, parfois de 25. Il existe aussi des pièces de 50, 25, 10, 5 et 1 soums (on n’a encore pas vu de pièce de 1 soum). Quant aux anciens « centimes » (les diyins), ils sont évidemment introuvables aujourd’hui (à part peut-être au marché aux puces?).

* Lorsque le montant de vos courses ne se terminent pas par deux zéros (généralement par 50 mais il peut y avoir d’autres cas…), le vendeur peut, au moment de vous rendre la monnaie, faire l’appoint avec des bonbons, des chewing-gums, des petites boites d’allumettes ou tout autre petit article. Certains (pas tous) vous demanderont si ça vous va et dans ce cas vous pouvez refuser (mais ils n’auront peut-être pas de billet de 50 pour vous rendre la monnaie) ou choisir un autre petit article ! Parfois vous pouvez aussi garder vos bonbons pour le réutiliser comme monnaie !

* Devant les bureaux de change on trouve parfois des particuliers, dans la rue, qui proposent un meilleur taux de change ! Trois conseils majeurs : 1) vérifiez d’abord le taux de change officiel ; 2) vérifiez qu’il n’y a pas de flics autour (sinon vous pouvez vous en tirer avec un long séjour de temps perdu au poste et la confiscation de la somme que vous vouliez changer !) ; 3) n’hésitez pas à recompter sur place, au moins un tas, pour vérifier s’il n’y a pas arnaque (en général non mais si c’est le cas, il y a de forte chance que la personne ne vous arnaque pas la fois suivante). Ceci dit, vous ne gagnerez guère que quelques milliers de soums donc cela vaut-il le coup ? A vous de juger...

Achats

* Plusieurs moyens de faire ses courses : petits supermarchés, petites boutiques, marchés (bazars) et vendeurs de rue. Il est possible (et souvent recommandé!) de marchander sur les marchés, envers les vendeurs de rue et surtout dans les magasins de souvenirs.

* Au marché, il est pratiquement impossible d’acheter par tranches de 100g de légumes ou de fruits. Ca marche au kilo, au mieux au demi-kilo. Pour des quantités moindres, se reporter généralement aux petits supermarchés, mais où c’est généralement plus cher.

* Il n’y a pas vraiment de règle pour savoir où c’est moins cher et où on peut trouver un produit spécifique. Les prix peuvent être meilleur marché dans un supermarché que dans un autre pour un produit et vice-versa pour un autre produit. Une seule règle généralement respectée : les produits frais sont moins chers sur les marchés (ou vendeurs de rue) qu’en boutique.

* Les livraisons sont parfois aléatoires donc si vous trouvez un produit qui vous plaît, il ne faut pas hésiter à sauter dessus et parfois à faire quelques provisions si le produit s’y prête !

* Vous aurez un choix plus varié (dont quelques produits plus spécifiques ou européens) dans des grands magasins comme le Mir (métro Mustakillik), le Turkvoaz (métro Buyuk Ipak Yoli) ou le Korzinka (métro Kosmonavtlar). C'est en général plus cher... mais pas toujours (Korzinka est meilleur marché que les deux autres).

Alimentation

* Les produits sont généralement de saison et de provenance locale. Attendez-vous à un choix beaucoup plus limité en hiver (chou, pomme de terre, potiron, pomme, poire) et à payer plus cher pour certains produits non locaux (bananes notamment… qui sont pourtant nécessaires dans les phases d’adaptation digestives !).

* Poisson : à éviter fortement vu le degré de pollution des cours d’eau (sans parler de la mer d’Aral évidemment…).

* Yaourts : la plupart des yaourts qu’on trouve ici sont plus « gélatineux » que chez nous et ont une durée de conservation étonnamment longue (apparemment ils sont bourrés d'antibiotiques). Mais il y a aussi le yaourt artisannal qui peut s'avérer très très bon.

* Chocolat : éviter le chocolat local qui n’a aucun goût (en tout cas pas vraiment un goût de chocolat !). La marque Alpen Gold est, pour l’instant, la seule digne du nom de chocolat parmi nos diverses tentatives dans les gammes de prix raisonnables (il est en effet possible de trouver des chocolats comme Lindt ou Nestlé, beaucoup plus chers, et certains Nestlé ne sont d'ailleurs pas de la même qualité que ceux vendus en Europe). On nous a conseillé le chocolat russe, kazakh ou ukrainien donc ça reste à voir. Par contre, pas de problème pour le cacao, qu’on peut trouver soit en boites industrielles dans les supermarchés soit au détail dans certains marchés et quelques boutiques (errez du côté des épices et demander « kakao »), pour moins de 5000 soums le kilo si vous négociez bien.

* Pain : à part les lipiochkas (pain rond ouzbek), leurs pains ont souvent une fâcheuse tendance à moisir rapidement ! Comptez entre 400 et 1000 soums selon la taille des lipiochkas (en général c'est plutôt 600). Les meilleures lipiochkas sont sans doute celles de Samarcande.

* Beurre : pas facile de savoir quel beurre est un vrai beurre ! Le mot russe ("masla") est d'ailleurs le même pour le beurre et l'huile et il est aussi utilisé sur les emballages de magarine. Repérez par exemple les illustrations montrant explicitement du lait pour éviter d'acheter de la margarine sans le vouloir...

* Quelques exemples de produits alimentaires qu’il est difficile voire impossible de trouver ici :

- jambon (on trouve facilement du porc mais pas de jambon, même pas du jambon de dinde)

- haricots verts (du moins pas ceux qu’on mange en général en France)

- jus d’orange ou de pamplemousse 100% pur jus (seul le pamplemousse de la marque Bulko mérite notre attention)

Posté par jraf3615 à 11:57 - Trucs et astuces - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 décembre 2008

À MON TOUR !

IMG_8494La poterie est un des arts les plus prolifiques de l'histoire de l'Ouzbékistan. C'est aussi l'une des passions de Marion, notre amie professeure qui vit ici depuis plus de deux ans maintenant. Evidemment, elle a ses contacts ! Et quels contacts... Rien de IMG_8510moins que les Rakhimov père et fils. Le grand-père, Mukhitdin, a quitté ce monde en 1985 après une vie bien remplie à faire ressurgir cet art ancestral, à travers ses recherches techniques, artistiques et historiques qui l'avaient conduit à créer une encyclopédie de la céramique ouzbèke. Son fils donc, Akbar, a repris le flambeau en créant une école de poterie, et son petit-fils, Alisher prend aussi la relève.

IMG_8495C'est donc cette école qu'on était allé visiter au début de notre aventure ouzbèke - quand le soleil nous réchauffait encore ! Et c'est dans ce lieu paradisiaque, avec un accueil formidable, que j'ai voulu me lancer un défi créatif, accompagnant Marion à ses cours de poterie avec Alisher... mais aussi Nakissa et Frédérique, elles aussi embarquées dans cette apprentissage.

Evidemment ce n'est pas de sitôt qu'on atteindra le niveau exceptionnel des Rakhimov (je vous laisse juger avec la reproduction ci-contre d'une de mes préférées). IMG_8486Pas question non plus de maîtriser le tour du premier coup. Mais cette initiation était une occasion de s'évader et de créer que je n'ai pas hésité à saisir. Même si ce n'était pas a priori l'art qui m'attirait le plus, c'était enfin une occasion d'apprendre quelques techniques artistiques !

Et quelles techniques ! Entre le tour et la décoration, il y a une impressionnante diversité de techniques... et de patience à acquérir !

Pour "admirer" mes modestes créations, je vous redirige vers mon autre blog, où je compile tout ce que j'ai fait de plus ou moins créatif. Pour mon musée virtuel de poterie, c'est donc ici !

IMG_1431IMG_1424

Posté par jraf3615 à 07:13 - En vrac! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1  2  3   Page suivante »