19 juillet 2009
10 MOIS ET 2 ANNIVERSAIRES PLUS TARD...
10 mois ont passes en Ouzbékistan sans que nous quittions cet étrange pays - ou plutôt sans que nous rejoignions la France puisqu'en étant honnêtes, nous sommes bien obliges de décompter nos presque 3 semaines de voyage en Inde.
10 mois et nos 2 anniversaires sont passes. Le mien fut "fête" dans un des nombreux trous perdus ouzbeks (du moins un trou perdu pour des yeux de Français), Boysun, "village" des montagnes du sud-est, dans une région coincée entre l'Afghanistan, le Turkménistan et le Tadjikistan. Quand je dis "village" c'est que les Ouzbeks le voient comme tel. Il y a peu de ville au sens ouzbek du terme. L'étalement et la population ne semblent pas des critères d'urbanité dans ce pays. Bref, ce fut donc a Boysun que j'ai passe le cap de mes 29 ans - dernière ligne droite avant la trentaine. Boysun ou nous logions dans un hôtel qui n'avait d'hôtel que le nom : quand notre taxi nous avait dépose, on se demandait si l'hôtel était cache derrière ce bâtiment en travaux, mais non le bâtiment en travaux était bien l'hôtel, dont le responsable nous a montre la salle de bains-WC hors-service au bout du couloir, sans doute pour nous dire de ne pas l'utiliser (pour aller au petit coin il fallait aller au-delà du petit terrain vague derrière l'hôtel). Sans parler, évidemment, de la kitschitude quasi glauquissime de la chambre.
2 mois et 3 jours plus tard, c'était au tour d'Aurélie de vivre un anniversaire mémorable en Ouzbékistan. Ce qu'il y avait de mémorable, déjà, c'est qu'on n'avait pas prévu d'être encore en Ouzbékistan a cette date-la ! Mais les multiples complications s'étaient accumulées et nous avaient fait revoir et re-revoir (et re-re-revoir) nos projets de voyage de retour vers la France. Attentat a la frontière kirghize envers un poste de police ouzbek (du moins c'est la version officielle), hausse du visa kirghize pour cause d'élections locales (donc pas envie de voir trop d'étrangers fouiller le pays a cette période), événements en Iran (pour lequel nous avions quand même obtenu un visa de transit juste avant les élections), dossier de demande de visa perdu par l'ambassade de Turkménistan, irrégularité (et incertitudes) des liens Kazakhstan-Azerbaïdjan via la mer Caspienne... Bref, tout le monde était parti vers d'autres cieux sauf nous, plantes a Tachkent, dans un ennui grandissant et ne sachant que faire. Et comme si un tel anniversaire n'était pas assez mémorable, Aurélie a eu la bonne idée de ne pas voir un trou dans la route (on en avait pourtant pris l'habitude dans ce pays) et de se tordre la cheville droite et s'érafler méchamment le genou gauche. Très pratique avant de commencer un voyage !
Finalement on s'était résolu a accepte ce qu'on voulait éviter : prendre un avion. Le 3 juillet donc, énième passage par l'aéroport de Tachkent pour s'envoler vers l'Azerbaïdjan. Quelques heures plus tard nous atterrissions donc a Bakou, sans savoir vraiment ce qu'on allait y voir. On s'imaginait alors une ville marquée par le soviétisme, une cite empreinte de saleté industialo-pétrolière, et un lieu plutôt marque par l'Orient, avec son lot de pauvreté apparente. Surprise, c'était plutôt l'inverse : une ville étonnamment moderne, avec un cœur historique charmant et une atmosphère européenne inattendue. Mais pas le temps de trop s'attendrir pour ce pays puisque notre visa de transit ne nous accordait que 5 jours pour le traverser. Un petit saut dans les montagnes, pour se reposer a Zaqatala, et hop c'était déjà un autre pays et d'autres impressions.
La Géorgie nous a plutôt fait l'effet inverse cote surprise. Certes, l'impression de revenir de plus en plus en Europe était aussi présente qu'en Azerbaïdjan, mais l'impression de pauvreté - ou du moins d'écarts de richesse et de grand chemin a faire pour la modernisation - nous a apparu plus flagrante que dans le pays voisin. Il faut dire que la Géorgie ne bénéficie ni de la manne pétrolière ni de rapports amicaux avec le grand voisin russe. Malgré les charmes de ce pays, il faut avouer qu'on est partiellement reste sur notre faim. Mais c'est prometteur, l'avenir s'annonce plus intéressant pour le pays et pour ceux qui le visiteront... car il fut plutôt frustrant de prendre autant de photos avec des échafaudages !
Enfin (du moins pour l'instant), nous voila les deux pieds en Turquie, ce pays que certains (beaucoup) refusent encore d'admettre dans l'Europe. Et pourtant, quand on revient d'un an en Asie centrale, c'est flagrant : même si ce sont les confins de l'Europe, ces limites floues dont les définitions varient, on y est bel et bien ! L'histoire riche et cosmopolite de ce pays nous en déjà mis plein les yeux, avec ses mosquées, ses églises byzantines et autres tombeaux royaux d'antiques royaumes. Peut-être sommes-nous en ce moment a l'apogée de notre voyage : l'inénarrable Cappadoce. Des paysages a couper le souffles contre lesquels les mots ne peuvent pas grand chose. Une adéquation - que dis-je... une harmonie parfaite entre les bienfaits de Dame Nature et ce que l'homme peut construire de plus fascinant. Déambuler dans les vallées est une activité dont on aimerait qu'elle ne se termine jamais ici. Les yeux ne savent plus ou donner de la pupille, entre les curiosités géologiques et l'ubiquité troglodytique dont on aimerait explorer tous les recoins comme un enfant dans un labyrinthe... C'en est presque indécent de voir autant de beauté concentrée en une seule petite région !
Ce soir, nous prenons un bus de nuit pour Pamukkale et ses vasques blanches naturelles. Puis ce sera probablement Éphèse et ses impressionnantes ruines grecques, Pergame, Istanbul, les criques de la mer Egee... Et des sauts de puces - a pas de geants - a travers la Grèce et l'Italie pour rejoindre (enfin) notre bonne et vieille France. A bientot !
15 décembre 2008
À MON TOUR !
La poterie est un des arts les plus prolifiques de l'histoire de l'Ouzbékistan. C'est aussi l'une des passions de Marion, notre amie professeure qui vit ici depuis plus de deux ans maintenant. Evidemment, elle a ses contacts ! Et quels contacts... Rien de
moins que les Rakhimov père et fils. Le grand-père, Mukhitdin, a quitté ce monde en 1985 après une vie bien remplie à faire ressurgir cet art ancestral, à travers ses recherches techniques, artistiques et historiques qui l'avaient conduit à créer une encyclopédie de la céramique ouzbèke. Son fils donc, Akbar, a repris le flambeau en créant une école de poterie, et son petit-fils, Alisher prend aussi la relève.
C'est donc cette école qu'on était allé visiter au début de notre aventure ouzbèke - quand le soleil nous réchauffait encore ! Et c'est dans ce lieu paradisiaque, avec un accueil formidable, que j'ai voulu me lancer un défi créatif, accompagnant Marion à ses cours de poterie avec Alisher... mais aussi Nakissa et Frédérique, elles aussi embarquées dans cette apprentissage.
Evidemment ce n'est pas de sitôt qu'on atteindra le niveau exceptionnel des Rakhimov (je vous laisse juger avec la reproduction ci-contre d'une de mes préférées).
Pas question non plus de maîtriser le tour du premier coup. Mais cette initiation était une occasion de s'évader et de créer que je n'ai pas hésité à saisir. Même si ce n'était pas a priori l'art qui m'attirait le plus, c'était enfin une occasion d'apprendre quelques techniques artistiques !
Et quelles techniques ! Entre le tour et la décoration, il y a une impressionnante diversité de techniques... et de patience à acquérir !
Pour "admirer" mes modestes créations, je vous redirige vers mon autre blog, où je compile tout ce que j'ai fait de plus ou moins créatif. Pour mon musée virtuel de poterie, c'est donc ici !
06 novembre 2008
PLEIN LES YEUX... MAIS PATIENCE !
Cela fait déjà plus d'une semaine que nous sommes revenus de notre périple à travers l'Ouzbékistan mais je n'ai pas encore eu assez de répit pour vous faire part de toutes les merveilles que nous avons vues et vécues. Il fallait quand même que je prenne un minimum de temps pour vous demander de patienter encore un peu! En outre, Aurélie repart demain pour une semaine en stage de formation... à Koweit! Et comme elle embarque l'ordi avec elle, ça ne fera que retarder d'autant ma possibilité de raconter nos aventures. Je vous promets de réfléchir au brouillon aux futurs textes que je m'empresserai de mettre en ligne dès son retour. Sans parler, évidemment, des nombreuses photos que j'ai prises durant le voyage: plus d'un demi-millier qu'il faut que je trie et sélectionne.
Bref, plein les yeux en perspective mais malheureusement pas pour tout de suite! Pour vous mettre l'eau à la bouche, voici tout de même une petite liste des lieux que nous avons visités: Noukous, Moynak, des "citadelles du désert" (Chilpak-Kala, Kizil-Kala et Toprak-Kala), Khiva, Boukhara, Nourata, Sentob. Et en guise d'avant goût, l'une des rares photos où nous apparaissons tous les deux, sur les remparts de Khiva.
A très vite......
Après réflexion, je me suis décidé à faire une première sélection de photos dans des albums à compléter plus tard...
05 septembre 2008
PETITE MISE AU POINT POUR RASSURER !
Bonjour à toutes et à tous.
Je me rends compte que mon message précédent a tendance à vous inquiéter ou à vous donner une mauvaise impression de notre vie ici. Il est vrai que j'ai manqué cruellement de légèreté et de dérision humoristique! Et pourtant j'ai modifié mon texte d'origine 3 ou 4 fois pour le rendre plus soft! Malgré cela - et malgré ma petite intro rajoutée par la suite - je crois qu'il était nécessaire de compléter par ce nouveau message pour rassurer tout le monde.
Tout d'abord, après l'inévitable choc culturel des premiers jours qui perturbe forcément les repères, notre moral est de nouveau à l'état normal - ce qui n'est malheureusement pas encore le cas de nos entrailles! Nous nous sommes habitués à notre cadre de vie et avons remarqué petit à petit les détails qui font relativiser les aspects plutôt moches du quartier : les arbres à profusion, les couleurs qui sont finalement moins rares qu'on ne le pense au départ, etc... Mais surtout ma grosse erreur a été de ne parler pratiquement que du décor et très peu de l'ambiance et du côté humain. Or il n'y a aucun problème de ce point de vue, bien au contraire. Je penserai évidemment à rattraper un peu mieux cette erreur plus tard dans un texte sur les gens d'ici.
Ensuite, notre train de vie s'est mis en marche de façon plus concrète depuis mardi et nos premiers pas en classe. Et de ce point de vue, tout va bien aussi. Et là encore, un texte ultérieur viendra développer ce thème-là!
Bref, globalement, tout va donc très bien et nous sommes très satisfaits des débuts de notre expérience. Donc soyez rassurés! Ce week-end, nous allons peut-être découvrir un peu plus la ville, avec sans doute le marché aux puces. Ca changera un peu...
A très bientôt... avec un peu plus d'humour et d'enthousiasme, je vous le promets!
25 août 2008
OUVERTURE !
Les grandes symphonies commencent par une ouverture, à la fois grandiose et simple, comme un avant-goût du chef-d'œuvre à venir. Alors pourquoi n'y aurait-il pas une ouverture à notre grande aventure? Bon, côté grandiose, il faudra sans doute attendre – le talent et l'inspiration, ça ne vient pas comme ça en claquant des doigts! Mais côté simple, je devrais pouvoir y arriver tout de suite.
Notre aventure, disais-je... Est-ce vraiment une aventure? Est-ce si original? Jouons un peu les modestes. Depuis que l'école française de Tachkent dans laquelle nous allons officier a été reconnue par l'Éducation nationale de notre cher pays (c'était en 2001), j'estime, d'après des calculs redoutablement réfléchis dont je garderais le secret, qu'au moins 100 personnes ont vécu ce qu'on s'apprête à vivre. Sur la même période, on peut peut-être multiplier par au moins 5 pour avoir le total de Français partis travailler chez les Ouzbeks dans un autre domaine que l'enseignement. Rapporté au coefficient de probabilité sur mon pifomètre, ça nous donne une fourchette entre 500 et 1000 Franchouillards bien de chez nous qui nous ont précédé. Soit, quelque chose comme 0,0015% de notre population hexagonale. Sans compter les touristes, qui restent de toute façon encore marginaux pour cette destination – et puis bon c’est de la triche puisqu’ils ne font que passer. Bref, je pédale dans la semoule (va-t-on en manger là-bas?) mais en gros, je pense qu'on peut confirmer qu'il n'y a pas eu une foule de prédécesseurs à qui on emboîte le pas.
Mais finalement, le plus grand indice de l’originalité de notre destination ne tient pas dans des chiffres mais dans les réactions de celles et ceux à qui on a annoncé la nouvelle (dont, sans doute, vous chers lecteurs !). Petit florilège…
« Mais quelle idée ? » a-t-on souvent entendu, avec une tonalité souvent hésitante (c’est une blague ? ils ont été forcés ?). « Euh… c’est où ? » nous a-t-on régulièrement demandé – sans parler de ceux qui n’ont sans doute pas osé poser la question. Évidemment, nombreuses ont été les inquiétudes quand on informait que c’était près de l’Afghanistan. « Ce n’est pas dangereux ? », ce à quoi je prenais parfois un malin plaisir à répondre « mais non, il n’y a pas eu d’attentats depuis 2005… tout comme à Londres ! » Si ça peut aussi en rassurer certain(e)s, sachez que la peine de mort a été abolie en janvier 2008, c’est déjà un risque en moins !
Pour certains nous étions « fous », mais pour d’autres enviables tant notre aventure leur paraissait excitante… Le panel des comportements a été d’une variété impressionnante. Il y a même eu cet homme (une vague connaissance, pas un ami) qui a affirmé à Aurélie que l’Ouzbékistan était un de ces nombreux pays « inutiles qu’il faudrait rayer de la carte » (sic)... Comment peut-on penser ce genre de choses, c’est un mystère. Est-ce parce que notre Teddy Riner national aurait peut-être eu l’or à Pékin s’il n’avait pas été battu par un Ouzbek* ? Dans un tout autre style, comment ne pas citer cette amie (qui se reconnaîtra !) dont le copain était persuadé qu’on se moquait d’elle parce que l’Ouzbékistan, « ça n’existe même pas, c’est ce pays imaginaire dans les émissions de Cauet » ! Et ceux que ça amusait qu’on aille « dans le pays de Borat » – ce qui est pourtant faux, puisque Borat vient du Kazakhstan voisin. Et puis il y a aussi eu un article sur notre projet dans le journal local – si si !
Alors que le départ est imminent, c’est à notre tour d’osciller entre stress et excitation. Comme des instruments qu’on accorde avant la représentation. Que la symphonie commence !
(*pour la petite information sportive, le tombeur de Teddy Riner a finalement été médaillé d’argent. L’Ouzbékistan a obtenu un total honorable de 6 médailles, dont une en or. Et une partie d’entre vous serez peut-être intéressé(e)s de savoir qu’ils ont eu une médaille de bronze en gymnastique ! Fin de la parenthèse JO…)














